Musique traditionnelle

Une touche musicale rwandaise aux Récréâtrales

Dans le cadre de la journée “Focus” consacrée au Rwanda, la programmation musicale des Récréâtrales 2012 a fait appel au groupe Ikobe, venu de Kigali. Un alliage musical subtil entre traditions rwandaises et modernité qui a séduit les festivaliers…

Par Jim Moumouni Ouattara
(01’58”)

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Tim Winsey, le génie créateur du Wassamana Groove

 Créateur du Wassana groove, Tim Winsey est un musicien “tradi-moderne”. Ce multi-instrumentiste, qui manie en virtuose l’arc-à-bouche comme la kora, a su puiser dans le vaste répertoire de son terroir afin de créer sa propre identité musicale. Un mélange de sonorités traditionnelles samo et de rock, aux sonorités envoutantes, qu’il a offertes au public des Récréâtrales 2012.

Ce samedi 3 novembre, des sonorités atypiques s’échappent de l’espace Feeren, l’une des salles de spectacle des Récréâtrales. L’homme qui en est à l’origine est assis sur une chaise, le micro ajusté à sa position. Tim Winsey manie de main de maître son arc-à-bouche face à une centaine de spectateurs béats. Ses doigts manipulent avec dextérité les bouts de bois qui composent l’instrument, tandis que ses pieds battent la mesure. L’homme semble faire corps avec son outil, dont il caresse la corde de manière amoureuse. Les projecteurs braqués sur lui font perler quelques gouttes de sueur qu’il n’essaye même pas d’essuyer, de peur d’interrompre le rêve dans lequel il a plongé ses spectateurs.

Âgé de 39 ans, Tim Winsey pratique l’arc-à-bouche depuis sa plus tendre enfance. Musicien virtuose, il entraîne les spectateurs dans un voyage à travers les richesses musicales africaines, combinant harmonieusement rythmes lents et d’autres plus soutenus. Les intonations de sa voix, tantôt aiguë, tantôt aussi faible que le murmure du vent, ajoutent à la magie sonore. Ce n’est pas pour rien qu’Étienne Minoungou, acteur, metteur en scène, directeur des productions Falinga et des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de diffusion théâtrale, l’a reconnu comme “le virtuose incontesté de cet instrument immémorial, aux vibrations envoûtantes”.

Le public est sous son emprise. À sa demande, il bat des mains ou reprend les refrains, avant de replonger dans le silence lorsque Tim Winsey reprend le rythme ensorceleur de cet instrument de musique typique du peuple samo, dont l’origine, relève d’un mythe. La légende prétend que c’est pour mettre un terme à un conflit entre chasseurs et animaux qu’un chasseur samo a un jour décidé de transformer son arc et de briser sa flèche pour en faire un instrument de musique. Outre l’arc-à-bouche, l’artiste s’est aussi approprié la kora, dont il a appris les bases auprès du grand maître malien Toumani Diabaté. “La kora était en train de disparaître petit à petit et j’ai voulu la rencontrer et la ramener dans notre patrimoine culturel”, explique-t-il.

À ses yeux, les instruments de musique offrent une opportunité formidable aux artistes. Lui-même fait bénéficier de son talent différents spectacles de danse ou de théâtre. Il a notamment collaboré dès 1997 avec quelques grands noms de la danse, comme les chorégraphes burkinabè Salia Sanou et Seydou Boro. Cette étape marque un tournant décisif dans sa carrière. L’année suivante, il reçoit le 2e prix du concours chorégraphique interafricain à Luanda (Angola) pour la musique de la pièce Figninto, de la compagnie de danse contemporaine française de Mathilde Monnier, qui sera présentée sur de nombreuses scènes en Afrique, en Europe, aux États-Unis et en Asie. En 2001, la pièce Vin Nem, dont il a composé la musique, gagne à son tour un prix au Concours chorégraphique interafricain de Tananarive (Madagascar).

L’année 2004 voit la naissance de son premier album, Zessa. Deux ans plus tard, il rejoint le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly pour travailler sur diverses créations. Riche de toutes ces expériences, Tim Winsey développe sa propre recherche vocale et musicale, inspirée de qui existe dans sa région natale. Il crée alors un style qui lui est propre, le Wassamana Groove, une fusion de rythmes samo et de sonorités rock caractérisée par des rythmes lents, d’autres plus saccadés, des pas de danses endiablés, un mélange d’instruments modernes et traditionnels. Tim Winsey s’entoure des meilleurs instrumentistes de Ouagadougou: Alain Nyame (basse), Ablo Zon (batterie), Seydou Sangare (guitares), Ben Kporha (claviers) et Simon Winsé (percussions).

Aujourd’hui, il est vénéré par la jeune génération d’artistes burkinabè. En témoigne le musicien Bonsa, qui voit en lui un exemple à suivre. “Il a choisi la route la plus difficile pour faire de la musique, à travers les instruments traditionnels, mais c’est la meilleure qui soit et c’est pour cela que j’ai beaucoup de respect envers lui”.

Elza Sandrine Sawadogo

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05/11/2012 Musique traditionnelle, récréatrales Comments Off

 

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