Récréâtrales 2012: ramener le théâtre à sa base

Événement artistique d’envergure internationale, les Récréâtrales ont démarré ce vendredi 2 novembre 2012 dans une rue du quartier Gounghin Nord, à Ouagadougou. Pour ses organisateurs, cette manifestation innovante est porteuse d’une vision : ramener le théâtre à sa base, à sa dimension originelle d’espace de discussion sociale. C’est ainsi que cinq cours familiales accueillent les spectacles programmés…

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale...

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale…

L’édition 2012 des Récréâtrales investit les familles. Dans le quartier Gounghin, les espaces de vie des familles Bazié, Nadembéga, Nombré et Zaré, Bationo et Nikiéma se transforment en lieu de représentation des spectacles programmés. Dans la rue où est basée la fédération du Cartel, à l’origine des Récréâtrales, les cours des concessions occupées par ces familles ont été aménagées en salles de théâtre pouvant accueillir entre 150 et 300 spectateurs.

« La motivation première c’est que nous avons besoin de ce peuple là pour consommer ce que nous produisons, afin que nous puissions en vivre, précise le metteur en scène Ildevert Méda, l’un des initiateurs de cet événement. Il s’agit de conquérir notre premier public : celui qui vit avec nous, qui nous connaît et que nous connaissons. Ensuite, le public du quartier, de la ville et du pays. » Pour formaliser ce dispositif, les organisateurs et les populations ont mis en place des comités de quartier. Bruno Bazié se réjouit d’apporter sa contribution à ce concept original : « Je fais partie de ceux qui ont été sollicités lors de l’édition précédente. Cela nous permet de participer et de nous impliquer activement ».

Cette participation des populations est-elle bénévole ou fait-elle l’objet de subsides ? « Nous nous familiarisons avec le théâtre à travers les échanges, le partage, la solidarité et la communion avec d’autres personnes, et je puis vous affirmer que nous n’avons rien demandé en contrepartie, assure le sergent-chef Bationo, dont la concession abrite la pièce Al Mustapha. Nous sommes tous dans une dynamique de promotion du théâtre au Burkina Faso ! » M. Nazé Nikéma, dont la famille héberge le spectacle La Danseuse de l’eau, abonde dans le même sens. « Nous n’avons rien demandé en contrepartie car nous estimons tous que nous avons un devoir citoyen. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas à mettre la cour de ma concession à la disposition des Récréâtrales. » Une adhésion partagée par les trois autres familles impliquées : « C’est une bonne chose que le festival vienne à nous. C’est une démarche originale. »

Cette approche, si elle se généralisait, serait-elle susceptible de contribuer à la promotion du théâtre à l’échelle sous-régionale ? Pour le comédien malien Lamine Diarra, c’est une évidence : « La question fondamentale du théâtre, c’est le public. Et dans nos pays, le théâtre est circonscrit aux Instituts français, avec des implications financières qui le tiennent à l’écart les populations. Celles-ci ont du mal à débourser le prix du billet dans une situation de crise récurrente. On ne peut pas continuer d’imiter le théâtre occidental. Nous nous devons d’exceller dans une forme de théâtre qui se monte et se démonte partout. Moi je suis convaincu de la portée positive de cette démarche en Afrique. »

Youssoufou Diallo

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