Scénographie de rue: lumière sur un nouvel urbanisme

Le jardin créé par Augustin Yoni avec des matérieux de récup

Le jardin créé par Augustin Yoni avec des matérieux de récup

Aux Récréâtrales de Ouagadougou, sur une thématique spécifique, des créations intègrent l’espace public le temps du festival. Et cette année encore, les artistes venus de divers horizons ont transfiguré le quartier Gounghin pour le bonheur des festivaliers et des habitants.

L’aménagement des espaces publics lors de manifestations d’arts de la rue par des scénographes est une démarche que bon nombre de festivals commencent à prendre en compte. Les Récréâtrales n’en font pas exception. Le seuil du village du festival franchi, le visiteur est agréablement surpris par une magnifique représentation scénographique. « Tenir la main au futur, qu’il ne tremble pas qu’il sourit ». C’est cette interpellataion du dramaturge congolais Dieudonné Niangouna qui a guidé tout le travail des artistes. Une équipe d’une quarantaine de scénographes qui s’est mobilisée pendant plusieurs semaines pour transformer et suspendre divers éléments de récupération, créant un véritable village « lumière du futur ». Dans leur démarche, on note d’abord une originalité caractérisée par l’approche de proximité entre le théâtre et son public et voulue par le Cartel. Les cours et les espaces de cette rue de Gounghin ont été réquisitionnés avec la complicité des habitants. D’ailleurs, ceux-ci, enfants, jeunes comme adultes semblent tous contaminés par le virus de l’art. Aux côtés de leurs hôtes, ils ont participé à la mise en place de cette scénographie. Certains enfants du quartier, rencontrés à la veille de l’ouverture officielle des Récréâtrales, s’activaient encore à accrocher avec passion, des produits artistiques fabriqués sur place à partir d’objets rudimentaires.

Sahab Konda, l’artiste visionnaire

sculpture géante de Sahab Konda trônant dans la rue

sculpture géante de Sahab Konda trônant dans la rue

En réalité, pour traduire la vision du Cartel dans l’architecture de la rue mais aussi dans la configuration scénique en accord avec les metteurs en scène et dans l’esprit des textes, les artistes ont travaillé en équipe. Résultats, on note la présence de tubes de fer ronds couverts de tissus de différentes couleurs qui s’élancent vers le ciel. Tantôt, ils donnent l’aspect de fleurs artificielles, tantôt se sont des formes d’outils du quotidien. Des lampes préfabriquées à l’aide de bidon, de calebasses, d’objets divers traduisent le message de la lumière pour un avenir radieux. « S’unir entre artistes pour un monde meilleur », disait Etienne Minoungou, le Directeur général des Récréâtrales. Au beau milieu de ces champs artistiques se dresse une œuvre d’art. Une sorte d’homme robot réalisé avec un amas de ferraille. C’est l’œuvre de Sahab Konda, sculpteur. Cet artiste est un créateur de rêve. Son œuvre attire tout visiteur. Certains s’arrêtent pour prendre des poses photos et immortaliser ce travail. Sûrement une façon aussi de magnifier la créativité de cet artiste, qui, en plus de réussir à créer ce monument, y a intégré une approche technologique.

En réalité, à la nuit tombée, les festivaliers peuvent se réunir autour de cette création de Sahab et regarder la télévision. Le sculpteur-récupérateur burkinabé, grâce à des antennes dressées au sommet de l’œuvre, fait suivre plusieurs chaines, nationales comme internationales aux passants. Mais ces écrans de télévisions posés au cœur de la ferraille sont tous posés de façon à interpeller la curiosité du visiteur. Pourquoi mettre ces écrans à la renverse ou en diagonales ? Comment a-t-il pu mettre diverses antennes et obtenir ce produit fini ? Où sont les générateurs de courant électrique ? Qui est cet artiste si doué ?… De la même manière dont la création de Sahab Kondé s’illumine le soir et fait l’objet de débat ou d’interprétations diverses, à la nuit tombée, tout le village du festivalse métamorphose. Le dispositif scénographique, dans la pénombre, laisse apparaître différents jeux de lumières. Presque toutes les créations du site s’illuminent comme pour éclairer le futur. Ce futur qui ne doit pas « trembler ».

Par Gilles Arsène TCHEDJI (Sénégal)

26/10/2014 Non classé

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