Nuit Blanche à Ouaga: Smockey slame la révolte aux Récréâtrales

Nuit Blanche à Ouaga. C’est le spectacle qu’il ne fallait pas rater à l’ouverture des Récréatrâles de Ouaga. Au menu : de la danse contemporaine avec avec une dose de rap et du théâtre. Cette représentation jouée par la compagnie Danse théâtre offrait à voir du rythme. Du bon rythme, aux odeurs et couleurs du hip-hop avec un personnage central : Le rappeur Smockey.

Pièce maitresse de ce spectacle, il a comme à son habitude fait la preuve de son lyrisme et de son verbe poétique pour au final inviter le peuple à «prendre son destin en main». On connaît ce rappeur burkinabé pour son engagement à vouloir « libérer le peuple .

Smockey, pour rien au monde n’a voulu rater cette scène des Récréâtrales de Ouaga, pour cracher des mots crus et dire une fois encore le fond de sa pensée. « On m’appelle Smockey… Mais je ne fume que du vieux tabac » crie-t-il en montant sur scène, comme pour assumer son discours contestataire et revendicatif. Il poursuit : « On dit que je suis fou et que j’aime les femmes. Alors que ce sont les femmes qui aiment les fous ». Le personnage central de Nuit Blanche à Ouaga sur une musique de slam et récitant son texte avec harmonie, tance ensuite « Blaise ». Cet «ami » qui, dès qu’il lui présente quelqu’un, fait aussitôt disparait cette personne le lendemain. L’acteur crie sa rage contre cette stratégie de Blaise et lui fait comprendre que « les blessures ne s’oublient pas. Les blessures ne se guérissent pas… les blessures font mal ». S’identifiant comme la voix du peuple, Smockey rappelle le mal-être des populations, qui malgré la douleur festoie. Pour lui, « il faut niquer le système ». « Ce système qui a un gros cul » caricature l’artiste-slameur qui invite la nation à prendre sa place et mener la révolte pour changer les choses. Surtout que «le tournant est décisif».

Le spectacle prend là, tout son sens. Il colle à l’actualité avec le changement de l’article 37 au Burkina Faso et l’invitation de l’opposition à la marche populaire dans les rues de Ouaga. Smockey en est conscient, mais il prévient le peuple que le combat ne sera pas facile. Car, « les cimetières ne sont pas encore pleins. Et, il y a de la place pour ceux qui veulent mourir » dit l’acteur-rappeur. Il termine son spectacle rappelant que «75 000 francs Cfa, c’est le prix d’une balle ». Ce qui fait la beauté du texte et de la poésie de Smockey dans cette représentation, ce n’est pas que les rimes, les sous-entendus et les stratégies de contournement ou de détournement des mots pour décrire une réalité sociale. Il y a aussi cette dose d’humour, qui pousse le spectateur à sourire en écoutant le mélange des mots qui se marient avec les gestuelles des corps en mouvement sur la scène. Pas surprenant. Serge Bambara dit « Smockey » a toujours été à la quête de la perfection, seul gage de son indépendance. Artiste- musicien, rappeur, slameur et aujourd’hui acteur s’essayant au quatrième art, il ne finira pas de surprendre son monde.

Lorsqu’on l’invite hors scène à analyser ce spectacle mise en scène par Serge- Aimé Coulibaly, et dont il est un personnage central, Smockey ne cache pas sa satisfaction. « Ce spectacle nous permet de dire encore une fois ce que nous avons toujours dénoncé : le respect de la constitution dans nos pays africains. Ce fut un plaisir d’être là, pour une fois encore inviter le peuple à travers ce spectacle à ne faut pas baisser les bras. Il faut que le peuple soit éclairé, illuminé…, prenne conscience. C’est là, le sens de mon combat, de notre combat » argumente-t-il. Pour une Nuit blanche à Ouga, c’en était vraiment une.

Par Gilles Arsène TCHEDi (Sénégal)

28/10/2014 Non classé

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