Nuit Blanche à Ouaga: Entre art engagé et agit-prop

« Une nuit blanche à Ouagadougou » est une pièce chorégraphique de la compagnie Faso Danse Théâtre avec quatre danseurs, un musicien et le rappeur Smockey qui a été présentée le samedi 25 octobre 2014, à l’INAFAC (Institut National de Formation Artistique et Culturelle). C’est une œuvre très militante. Art engagé ou Agit-prop ?

Passer une nuit blanche imaginaire quelque part à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, c’est ce à quoi est invité le spectateur, par le danseur et chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly.

Cette création s’est inspirée des mouvements sociaux qui ont eu lieu dans plusieurs pays sur le continent africain, au Burkina Faso notamment. Y est décrite, une nuit chimérique sur une place publique dont certains de ses visiteurs refusent de dormir, le désir ardent du changement a fini par prendre le dessus sur le sommeil.

A regarder cette pièce chorégraphique, le spectateur se rend très vite à l’évidence qu’il est en face d’une prise de position des créateurs, notamment du chorégraphe Serge A. Coulibaly à qui l’on attribue les propos suivants : «Quand on naît et grandit dans des pays où la situation politique a un impact énorme sur les gestes les plus simples de la vie quotidienne, créer devient un acte politique et il l’est incontestablement pour le danseur et chorégraphe que je suis.»

Il faut certes un art engagé pour sensibiliser, faire prendre conscience, mais encore devrions-nous nous interroger sur le rapport entre la politique et le théâtre. Qu’elle doit être la ligne de démarcation à ne pas franchir pour éviter le piège de la propagande ?

Selon l’historien Gérard Noiriel, la fonction d’un théâtre ou de tout art politique n’est pas de parler à la place des citoyens mais de leur fournir des armes pour mieux résister aux médias et au pouvoir d’Etat.

Le rappeur Smockey qui est l’auteur du texte et de la musique de ‘’ Nuit blanche à Ouagadougou ’’ et qui est connu pour son engagement ne va pas par quatre chemins pour appeler à la révolte populaire. Ainsi, pouvait-on entendre de lui : « (…) les peuples n’ont que leur instinct pour reprendre à la bête, le privilège du festin », « (…) la place de la Nation deviendra la place de la Révolution » ou encore « Passe à l’attaque ou passe à l’action ».

« Une nuit blanche à Ouagadougou » se coltine tellement à la réalité du Burkina à travers des repères connus comme les dates marquantes de l’histoire dont 1987-année d’assassinat de Thomas Sankara- les noms de lieux et des personnages connus de ce pays qu’il semble frayer avec l’agit-prop.

Serge Adam’s Diakité

(Côte d’Ivoire)

28/10/2014 Non classé

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