Sur le chemin du désespoir

Par Balkissa Maiga
Photos: Frédéric Ilboudo

Écrite par la jeune dramaturge malienne Hawa Diallo, la pièce Caterpillar était au programme lors de la deuxième journée du Festival “Théâtre des réalités”. La mise en scène porte la griffe de Claude Yersin, l’ancien directeur du Nouveau Théâtre d’Angers. Mardi 2 décembre, le spectacle se tenait aux Quartiers d’Orange  transformé pour l’occasion en théâtre.

Sur scène, peu d’objets. Dans la cabane de fortune dressée au cœur de la scène, des bidons, une cuvette, une couverture. C’est dans cette cabane que va se conter l’histoire de la jeune Seba. Domestique dans une famille aisée de Bamako, elle a été violée et  mise enceinte par son patron.  Commence alors pour elle un long chemin de croix. Chassée de son emploi par la maîtresse de maison, elle va se lier avec deux compagnons d’infortune. Aliou, dit Caterpillar, est un Malien expulsé de France qui est rentré dans son village désargenté. Traité d’enfant maudit, il est chassé comme un chien par sa famille. Bijou, fille d’une juge qui n’est autre que l’ex-patronne de Seba, est mariée à un homme riche qui la fait passer pour sa nièce. Elle a préféré abandonner son foyer pour retrouver sa liberté.

Ces trois jeunes laissés-pour-compte connaîtront les affres de la vie bamakoise. Chaque jour apportera son lot de joies et de peines dans cette “famille” seulement unie par la pauvreté. Plutôt que d’être la risée de son village du fait de sa situation de fille-mère Seba, choisit de côtoyer la misère en ville.

C’est dans ce dénuement citadin qu’elle donne naissance à son enfant, à propos duquel Seba fonde le secret espoir qu’il deviendra un jour le président de la République. La joie consécutive à sa naissance sera de courte durée puisque, manquant de tout, le nourrisson, uniquement nourri d’arachides et de haricots, ne survivra pas. Ce décès plongera la jeune Seba dans la démence.

Marquée par une grande simplicité, cette  mise en scène de Claude Yersin, rythmée par des moments musicaux, pêche par son manque de construction et de vivacité dans le jeu des acteurs. Un beau texte au service d’une tragédie insoutenable, que l’auteur expose sans chercher à délivrer un message: “Je suis avant tout une Malienne modeste, explique Hawa Diallo. J’aime Bamako, où je me promène chaque jour, et je constate des choses qui me font mal, qui me révoltent… Des choses que je trouve invivables et que j’ai envie de vomir.”

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Un commentaire to Sur le chemin du désespoir

  1. Vous pouvez retrouvez des images de ce spectacle sur http://www.lequai.tv/fr/bdd/video_id/232

  2.    Cécile le 21/07/2009

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