Programme de la 9e édition du Festival “Théâtre des Réalités” 2008

Thème: “Migrations et Migritudes”

Objectifs thématiques:

Sensibiliser sur les dangers de l’immigration clandestine;
Informer sur les droits des étrangers;
Questionner l’apport de l’immigration sur le développement;
Susciter un débat sur l’intégration et l’unité africaine;
Favoriser une prise de conscience sur l’économie néolibérale.

Lieux de diffusion au Mali : Bamako, Sikasso, Bougoumi, Koutiala, Ségou, Kita, Sibi, Kayes

Programmation Théâtre

Allô l’Afrique, de la Compagnie Tropic Expression - Côte d’Ivoire (Première au Mali)
de l’auteur togolais Rodrigue Norman.

Deux frères, jeunes Africains en quête de lendemains meilleurs, optent pour l’aventure en Europe. Dix années passent et n’apportent rien, si ce n’est le statu quo pour l’un et le rejet des siens pour l’autre. L’un d’eux, l’aîné, entrevoit leur bonheur dans l’acte du retour au pays. Ce retour sera désormais le conflit qui les oppose, en plus de leur appartenance sexuelle, qu’ils défendent. Pourront-ils s’accorder sur leurs divergences pour envisager le retour? Quels compromis? Telles sont les questions que soulève Allô l’Afrique!

Vendredi 28 novembre 2008 au Centre d’éducation populaire de Koutiala
Dimanche 30 novembre 2008 au lycée Almamy Guidio à 16h, Ségou
Mercredi 3 décembre 2008 dans la salle Lamissa Bengaly à 21h, Sikasso

Jeudi 4 décembre 2008 à 21h au Quartier d’orange à Bamako

Maitre Harold, de Athol-Fugard
Avec la compagnie Deux Temps Trois Mouvements - France (Première au Mali)

Harold dit Hally, ou Maître Harold, est un lycéen blanc de 17 ans. Il a grandi en compagnie de deux domestiques noirs: Sam et Willie, employés du Salon de Thé “Le Parc Saint-Georges”, dont ses parents sont propriétaires. Tandis qu’Hally enseigne aux “boys” tout ce que lui-même apprend à l’école, Sam et Willie partagent en toute complicité les faits et gestes de leur vie quotidienne avec le jeune garçon. Mais l’affection qui unit Hally aux deux hommes est menacée par l’autorité qu’il détient. Maître Harold (Master Harold… and the boys) est inspiré par l’enfance de Harold Athol Fugard à Port Elizabeth, Afrique du Sud.

Lundi le 1er décembre dans la salle Lamissa Bengaly à 21h, Sikasso
Mercredi le 3 décembre au Carrefour des Jeunes à Kita
Jeudi le 4 décembre à 21h au Quartier d’Orange à Bamako

Bloody Niggers!, de Dorcy Rugamba (Première au Mali)
Une coproduction du Festival de Liège, du Théâtre National de la Communauté française et du Groupov - Belgique

Sur une scène ouverte, trois acteurs investissent le terrain politique comme on entre dans une bagarre. En prenant position. En toisant l’adversaire. En distribuant des coups! Dans les querelles en cours sur le rôle positif de la colonisation, il s’agit de faire entendre la voix forte et sans concessions des “bâtards” nés du mariage forcé entre les anciens colons et leurs anciens administrés. Au nom de quoi un peuple se permet-il de disposer d’un autre?

Par ailleurs, qu’ont fait les Africains de quarante ans d’indépendance? Au moment où l’on oppose les mémoires, la Shoah à la traite négrière, n’y a-t-il aucun lien qui unisse entre eux les grands crimes contre l’humanité? N’y a-t-il aucun rapport entre l’extermination des peuples amérindiens et les génocides du XXe siècle? À l’heure du revival chrétien et de l’islam militant, de la terreur d’État contre le terrorisme suicidaire, de la guerre des mondes et des civilisations, nous voulons interroger ce “Dieu” qui réinvestit de nouveau la sphère publique, dicte de plus en plus les choix politiques.

Méticuleusement, nous allons étudier le casier judiciaire de ce candidat à la magistrature suprême. Maintenant que l’ultralibéralisme règne en maître sur le monde, nous allons questionner les rapports que le capital entretient avec la vie humaine, avec la religion, avec la souveraineté des peuples et des nations, avec la guerre et la paix!

Avec humour et poésie, colère et lucidité, nous allons tenter de parcourir l’histoire et les débats majeurs de notre époque du point de vue des serfs, des ouvriers, des esclaves, des moujiks, des métèques, des immigrés, des Aborigènes, des Indiens d’Amérique, des nègres d’Afrique et d’ailleurs, des youpins, des bougnoules… de tous ceux qui, au cours de l’Histoire, ont dû payer de leur sang, et souvent de leur existence, la marche forcée du monde.

Le terme “Bloody Niggers” n’est pas ici utilisé pour désigner une “race” particulière, mais une communauté de destins. Il s’agit de tous ceux qui, un jour ou l’autre, furent considérés comme une humanité mineure et traités comme telle.

Ce spectacle, basé avant tout sur l’oralité, utilise de manière pondérée les autres moyens d’expression que permet le théâtre, de la musique à la vidéo, du jeu à la danse, de la parole au chant, dans un dispositif minimaliste, aisément transportable.

Lundi 1er décembre à 16h au CCF Bamako
Mardi 2 décembre à 20h30 au CCF Bamako

Chaque homme est une race, de Mia Couto

Une production du Théâtre Spirale - Suisse (Création 2008)
vendredi 5 décembre, au CCF de Bamako

Mémoire d’une tribu perdue, d’Ambaga Guindo
Par la Troupe Sô - Mali (Reprise)

Dans un village Dogon, une statuette est volée… Les sages du village décident d’envoyer l’homme le plus intelligent et le plus fort du village en France pour retrouver l’objet. Léopold se porte volontaire et s’envole pour la France. Arrivé à Paris, il se rend dans les musées mais ne retrouve pas la statuette, et surtout ne trouve personne pour l’aider. Il décide alors de rester quelque temps à Paris pour amasser un peu d’argent. Il prend finalement goût à la vie européenne et décide enfin de rester.

Sans nouvelles du jeune homme, le village s’inquiète. Léopold peut-il oublier son identité? Ses rêves ne vont-ils pas le rattraper? Peut-il quitter son histoire, ses racines, sa mission, sans risque de se perdre?

Samedi 29 novembre au Carrefour des Jeunes à Kita
Dimanche 30 novembre à19h30 dans le jardin de l’Hôtel Médine à Kayes
Mercredi 3 décembre Centre Karim Togola Sabalibougou à Bamako


La Geste des Étalons
, de Luis Marquès et Amadou Bourou
Coproduction de l’Association l’Œil du Cyclone et de l’Écurie du Cheval mandingue - Burkina Faso (Première au Mali)

Il y a très longtemps vivaient deux peuples aux portes du Sahel. Au Nord, dans le désert, vivait un Roi nomade et guerrier. Au Sud, là où la terre est rouge et fertile, vivait un grand empereur. Les deux peuples vivaient sous la menace des “hommes-esprits”, êtres sorciers qui hantaient la région. Mais voilà qu’un jour, poussé par la famine et les tempêtes de sable, le roi nomade pénétra sans le savoir sur les terres de l’empereur. C’est alors que s’engagea une terrible lutte entre les deux peuples, jusqu’au jour où Dima, fils du roi nomade, et Sylla, fille unique de l’empereur, tombèrent amoureux…

Mercredi 26 novembre au Centre d’éducation populaire à Koutiala
Vendredi 28 novembre devant la salle Mierou Ba sur le terrain Bandiougou Bouaré à Ségou
Lundi 1er décembre et Mardi 2 décembre au Palais de la culture sur la berge à Bamako
Mercredi 3 décembre sur le terrain de l’école Kignékuna à Siby
Samedi 6 décembre à 16h sur le terrain de Sanibougou 2, face tribune, place de l’Indépendance à Sikasso

L’os de Mor Lam, de Birago Diop
Mise en scène: Issaka Savadogo

À la suite du partage des morceaux d’un bœuf bien gras, Mor Lam se retrouve avec… un os! Rêvant de déguster seul sa part, cet avare à l’africaine ne compte laisser personne approcher sa demeure, fût-il son “plus que frère” Moussa, qui, du reste, ne l’entend pas de cette oreille. Mais en faisant ainsi fi de la tradition, qui prône la valeur du partage, Mor Lam s’engage inéluctablement dans une impasse qui le conduit à l’extrémité de la bêtise…

30 novembre à 21 h à la salle Lamissa Bengaly à Bobo-Dioulasso
4 décembre à 21 h au Centre Karim Togola à Sabalibougou, Bamako

Elf, la pompe d’Afrique
écrit et mis en scène par Nicolas Lambert - France (Première au Mali)

Un imbroglio politico-judiciaire raconté par ses protagonistes. Les vraies paroles d’un procès qui nous regarde. Histoire de comprendre. En changeant de focale, il apparaît que les problèmes entre les villes et leurs banlieues recoupent ceux de la métropole et de ses colonies. L’expérience de ce glissement est à l’origine du projet Elf, la pompe Afrique.

Projet horizontal mêlant l’art du griot africain, le reportage radiophonique et l’acte théâtral dans les traces de la comedia dell’arte. Nicolas Lambert, s’interrogeant sur l’état du théâtre contemporain, a eu envie de ré-explorer le réel pour aller vers la fiction. Le tribunal, avec ses rituels, ses costumes, son rapport au public et à la “chose publique”, pouvant se transposer presque naturellement au théâtre, la proposition est donc ici de faire revivre le documentaire théâtral, du parquet aux planches. Aux interruptions d’audience, la musique est appelée à témoigner. À charge.

Vendredi 28 novembre à 19h dans la salle de Conférence du Conseil de Cercle de Kayes
Lundi le 1er décembre au Carrefour des jeunes à Kita
Mercredi 3 décembre 16h 30 Quartier d’Orange à Bamako

Caterpillar, de Hawa Diallo
Studio Volant, Angers & Studio Blonba - Mali (Reprise)

Caterpillar met en scène trois personnages: Séba, une “petite bonne” chassée, parce qu’elle est enceinte, de la famille bamakoise aisée où elle a été placée. Elle trouve refuge dans une cabane abandonnée au milieu d’un dépôt sauvage d’ordures, à la périphérie de la ville. Son destin croise celui d’Aliou, un Malien expulsé de France, devenu conducteur d’engins et chargé de nettoyer avec son caterpillar le terrain vague voué à la construction et donc de raser la cabane de Séba. C’est là que Bijou une enfant de la rue, trouve souvent chaleur et réconfort. Des rapports singuliers, marqués par la dureté de l impitoyable métropole, mais empreints de rude tendresse et de bouffées d’amour débridé, se nouent parmi ce trio, qui bientôt fonctionne comme une sorte de famille. C’est lorsque ce trio devient quatuor, à la naissance du bébé de Séba que l’équilibre est rompu…

Mardi le 2 décembre 16h 30 au Quartier d’orange à Bamako
Mercredi le 3 décembre au Lycée Cabral à 16h à Ségou
Jeudi 4 décembre au Centre Siraba Togola à Bougouni

Ganeya, de Souleymane Koumaré
Ensemble Théâtral BADENYA - Burkina Faso (Première au Mali)

Une tragédie qui retrace la disparition de l’authenticité africaine. Une princesse guerrière et un jeune homme qui s’aiment. Une cour royale, sous prétexte de respecter la coutume, s’oppose à cette union en mettant en évidence les divergences sociales dans le but d’assouvir ses ambitions. Cette mégalomanie entraînera le déclin d’une société en parfaite harmonie.

Mardi 2 décembre sale Lamissa Bengaly à 21h à Sikasso
Mercredi 3 décembre Centre Siraba Togola de Bougouni
Jeudi 4 décembre 16h30 Quartier d’orange Bamako
Vendredi 5 décembre au Campement Kamadjan à Siby
Samedi 6 décembre au Carrefour des jeunes à Kita
Dimanche 7 décembre à l’Ecole Secondaire Polytechnique à 16h à Ségou

L’écho du pas de l’homme
de Diariétou Kéita adaptation libre de 52 jours à dos de chameaux de Ahmed Ghazali
Mise en scène : Christophe Merle
Coproduction de Les Voix du Caméléon - France et Acte SEPT - Mali

Dans L’écho du pas de l’Homme, il y a le Sahara, lieu mythique où se sont croisés pendant
des siècles, les Arabes, les Berbères, les Noirs Africains, les Européens. Il y a le commerce, les conquêtes, le colonialisme, l’avènement des Etats Nations au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Il y a notre présent, les migrations et le mythe de l’Eldorado européen. Il y a surtout une mise en perspective de l’Histoire des Hommes et leur désir irrésistible de se mouvoir, d’échanger, de se rencontrer, de se confronter, un besoin métaphysique et intemporel de pratiquer le “voisinage”.

Pour en témoigner, une pancarte vieille de 2000 ans, une pancarte au milieu de rien…ou plutôt du désert, d’un entre-deux, d’un trait d’union. Une pancarte carrefour, toujours prête à indiquer le chemin, éclairer la route et se faire l’écho du pas de l’homme, une pancarte sur laquelle est inscrite “Tombouctou, 52 jours à dos de chameau”. Tel un fantôme, elle erre prête à se laisser définitivement mourir. Qui intéresse-t-elle encore? Qui se soucie d’elle ?

Méprisée, oubliée, éreintée, disparaîtra-t-elle à tout jamais emportant avec elle notre Histoire,
notre Mémoire…

Mardi 2 décembre à 18h30 à l’Assemblée Régionale de Kayes
Jeudi 4 décembre au CCF Bamako

Le Clan du destin
(Première au Mali)
La Cie Les Gueules Tapées - Sénégal

Texte de Macodou Mbengue, inspiré des écrits : Tu ne traverseras pas le détroit de Salim Jay, La réclusion Solitaire de Tahar Benjelloun et Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diom.

Sur les bords de la mer Méditerranée, trois candidats à l’émigration, que le vent de la misère a balayés vers les rives, tentent de traverser le grand bleu pour regagner les rives du Nord réputées prospères. Au cours d’une interminable attente d’un passeur, ils rencontrent un homme de Dieu avec son cercueil, que tout un village a supplié d’aller chercher leur fils disparu dans flots de la clandestinité. Il va attendre avec impatience que la mer rejette un corps parmi les milliers qu’elle a engloutis, n’importe lequel pour aller le présenter au village pour un repos éternel. Usés par l’attente, obnubilés par le départ, les clandestins stipulent que : “Puisse que l’eau de la mer épouse la forme et la couleur du récipient qui la reçoit, l’objet doit lui aussi s’adapter aux circonstances que la vie lui impose.” Ainsi le cercueil est baptisé pirogue à destination de la mort. Dans cette rencontre fortuite, chacun a son histoire propre, chacun est un univers que nous découvrons ou croyons découvrir.
Lundi 1er décembre à 20h dans la salle de conférence du Conseil de Cercle de Kayes

Mercredi le 3 décembre à 21 h au Quartier d’Orange à Bamako
Jeudi le 4 décembre au Carrefour des jeunes à Kita
Dimanche le 7 décembre à 21 h à l’Alliance Franco Sénégalaise de Kaolack

Le pays où on fabrique l’argent

Un projet théâtral sur la migration entre le Mali et la Suisse

Dans un village au Mali, un téléphone sonne. La famille se rassemble autour de l’appareil. Elle entend la voix d’un parent proche qui est parti en Suisse. Celui s’extasie sur sa vie à l’étranger et promet d’envoyer prochainement de l’argent. Au grin des jeunes on parle maintenant de ce qu’ils ont entendu de la vie en Suisse. Ces visions deviennent vivantes sur la scène. Parmi lesquelles on y trouve aussi l’image d’un pays, dans lequel l’argent est produit dans des grandes usines. Et si on se balade à la proximité de ces lieux, on a la chance de trouver quelques billets volants…

Le Pays où on fabrique l’argent parle d’une part des images et des représentations sur la Suisse qui sont courantes au Mali; d’autre part il aborde les expériences vécues des Maliens vivant en Suisse, ainsi que les circonstances sur leur chemin d’une émigration. Le projet se base sur des entretiens qualitatifs avec trois groupes différents : d’une part avec des Maliens qui ont l’intention de migrer en Suisse, d’autre part avec des Maliens qui vivent présentement en Suisse et enfin avec des Maliens qui sont retournés de la Suisse. Fondée sur ces conversations, la pièce sera développée dans une étroite coopération entre un metteur en scène européen et malien, avec la participation des artistes maliens (acteurs et musiciens).

Samedi 6 décembre au Quartier d’Orange de Bamako

Afriopa
Une mise en scène de Ueli Bichsel avec la collaboration artistique de Ildevert Méda

Afriopa, c’est l’histoire de deux hommes, l’un dans la force de l’âge, l’autre plein de vitalité, que les vicissitudes de la vie ont amené à se rencontrer. De plein gré ou non, personne ne saurait le dire. Toujours est-il qu’ils vivent maintenant dans une ville d’Afrique et qu’ils tentent chaque jour d’utiliser au mieux le temps pour leurs affaires ou du moins de le maîtriser. Afriopa est une pièce de théâtre clownesque qui s’attache à l’humain, aux relations entre les humains et au trop humain, sans trop de grands mots. Elle est compréhensible pour les jeunes et les moins jeunes et offre à chaque génération et à chacun suivant son humeur, matière à discussion et à rire. Dans cette pièce, le rire a une place importante, car la force qui réside dans le rire est purificatrice et en même temps porteuse d’espoir. “Afriopa” n’est pas une pièce en noir et blanc, mais avec du Noir et du Blanc

Mardi le 2 décembre à 21h à Kita
Jeudi 4 décembre à 21 h à Kayes

Nous sommes de ceux qui disent non a l’ombre

Variation autour de l’œuvre Martinique d’Aimé Césaire par les Compagnies Anopée théâtres et Kamaso (France-Mali)
Mise en scène de Véronique Vellard

Vendredi 5 décembre au Quartier d’Orange de Bamako

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