Entretien avec Obou de Sales Vagba

Propos recueillis par Médard Gandonou

Dans une ambiance de fin de spectacle, à l’occasion des Récréâtrales 2010, l’Ivoirien Obou de Sales Vagba, metteur en scène  de la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, évoque pour nous la thématique de sa dernière création – le rapport entre l’existence humaine et la science – ainsi que le lien entre cette thématique et la configuration scénographique adoptée.

Dans “Les Convives de la maison Sapézo”, quelle a été votre approche théâtrale dans le traitement de la question de l’évolution de la science?

Au-delà de la science, la question de l’existence humaine et de la vie se pose. Quand nous regardons la société actuelle, il apparaît que la technologie évolue très vite, ce qui crée une peur, voire une psychose. Est-ce que demain nous ne finirons pas par être totalement contrôlés par cette technologie? C’est une question grave pour l’homme, et pour la traiter nous avons choisi d’impliquer le public. D’où cette configuration circulaire qui, chez nous, en Afrique, est symbolique des rencontres sous l’arbre à palabres, au cours desquelles on traite des questions urgentes et graves. Avec cette configuration, il n’y a pas de rapport enseignant-enseigné, mais plutôt un rapport circulaire où tout le monde est au même niveau et où l’on en parle.

L’eau est omniprésente dans le spectacle, et le public en reçoit sa part…

Oui, le public reçoit cette eau pour signifier qu’on est embarqué dans le même vertige. Si le public accepte d’être mouillé au spectacle, c’est qu’il peut s’oublier un moment pour poser les vrais problèmes qui touchent à son existence même. C’est une question qui semble devenir taboue. Aujourd’hui, les gens n’osent pas dire aux chercheurs et à l’homme en général que le développement c’est bien, mais qu’il faut tout de même s’interroger: jusqu’où peut-on aller avec la science? Dès lors, on fonce dans la voie d’un développement où la technologie nous absorbe. Par exemple, si on perd 50.000 francs CFA, on ne s’en soucie pas trop. Mais si l’on perd un téléphone portable, qui coûte moins de 20.000 FCFA, on le vit comme une catastrophe. Alors, quand on vient bien habillé à un spectacle et qu’on accepte d’être mouillé, c’est aussi qu’on accepte de s’oublier un instant pour repenser le développement.

Le jeu des acteurs dans le registre de la comédie semble être une réussite si l’on en juge par l’enthousiasme du public. Comment avez-vous opéré la sélection des comédiens?

Ces comédiens sont tous des professionnels. Dans cette représentation, il y a des acteurs burkinabè et ivoiriens. Ensemble, pendant deux mois, nous avons traité de la question posée par la pièce. Ils ont consacré leur talent et leur énergie au service de la mise en scène, pour pouvoir aboutir au résultat que vous avez vu.

Êtes-vous satisfait de cette création?

Oui… mais nous sommes à mi-chemin. Les deux premières représentations ont eu lieu les 4 et 5 novembre. La pièce se bonifie, puisque la deuxième représentation était meilleure que la première. La pièce est donc tout le temps en création, en fonction des réactions du public et des différentes observations.

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16/11/2010 récréatrales

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