bamako
Le Festival “Théâtre des Réalités” à l’heure du bilan
Par David Sanon
Photos: Frédéric Ilboudo
Lundi 1er décembre 2008 à 20h30, les projecteurs du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR) s’allumaient sur la berge du fleuve Niger, à Bamako. C’est dans ce décor majestueux qu’une douzaine de cavaliers allaient offrir un formidable ballet aux nombreux spectateurs ainsi qu’aux curieux qui avaient préféré le contempler depuis le pont des Martyrs. Venu du Burkina Faso, remarquablement mis en scène par Luis Marquès et Amadou Bourou, le spectacle équestre La Geste des Étalons marquait la soirée inaugurale de la 9e édition du Festival “Théâtre des Réalités”.
Pendant une semaine, huit sites maliens allaient vibrer au rythme du Festival. Innovant à chaque édition depuis qu’il l’a initié en 1996, Adama Traoré a par ailleurs favorisé cette année une décentralisation, voire une internationalisation, du FTR. En plus des huit villes du Mali choisies pour y représenter les pièces, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi que Dakar, Kaolack, Tambacounda et Thiès, au Sénégal, ont aussi accueilli certains des spectacles dans le cadre de la Caravane des Réalités. L’ambition poursuivie par Adama Traoré est de promouvoir ainsi le théâtre auprès des populations de la sous-région. Les créations qui ont suivi ce circuit par la route ont pu ainsi être vues par un grand nombre d’Africains. › Lire la suite
Rencontre avec Adama Traoré
À la veille de la clôture de la neuvième édition du Festival “Théâtre des Réalités”, CulturAfrique a reçu le fondateur de ce rendez-vous désormais biennal. Homme de théâtre, citoyen engagé, le Malien Adama Traoré ne s’embarrasse pas de langue de bois: aux côtés du comédien et metteur en scène burkinabè Ildevert Méda, lors d’une émission de radio enregistrée samedi 6 décembre dans les conditions du direct, il tire le bilan de ce festival inauguré en 1996, évoque les difficultés rencontrées pour faire financer les spectacles culturels en Afrique, analyse combien le rôle des médias est important pour permettre aux créateurs africains de trouver leur public…
Émission animée par Hortense Atifufu
Réalisation: Mohamed Lamine Sawadogo
(72’15”)
Un appel à la migration
Par Dieudonné Korolakina
Photos: Frédéric Ilboudo
Le message porté par La Geste des Étalons, le spectacle joué lundi 1er décembre en ouverture du festival présidé par Adama Traoré, fait écho au thème choisi pour cette neuvième édition: “Migrations et Migritudes”. Il faut dire que l’auteur et metteur en scène de cette pièce, Luis Marquès, d’origine franco-espagnole, connaît bien le fait migratoire. D’abord immigré en Côte d’Ivoire où il crée, dans les années 1990, la compagnie Ymako Théâtri, devenue plus tard L’Œil du Cyclone, il s’est ensuite installé au Burkina Faso, où il travaille depuis quelques années. Pour sa pièce, il n’a pas hésité à “faire migrer” les compétences: c’est ainsi que le Français Thierry Perrichet est venu de France pour superviser la conception équestre du spectacle co-écrit par Luis Marquès et Amadou Bourou.
La pièce est toute entière contenue dans son titre: récit fondateur, La Geste des Étalons retrace l’inimitié entre deux peuples, aux portes du Sahel. Elle soulève des questions d’identité, de frontières, et entérine un rêve de paix inconscient. Un roi nomade et guerrier vivait au nord, dans le désert, tandis que sur le sud, fertile et rouge, régnait un grand empereur. Un jour, poussé par la famine et les tempêtes de sable, Narbor, le roi nomade, pénétra sans le savoir sur les terres de l’empereur du sud. Lutte terrible entre deux peuples. Et le moyen de la paix se révèle lorsque Dima, le fils du roi nomade, et Sylla, la fille unique de l’empereur, tombent amoureux l’un de l’autre. › Lire la suite
Le spectacle de la paix
La Geste des Étalons, une métaphore de la concorde entre les peuples.
Par Mohamed Lamine Maiga
(2’43”)
Profession : cavalière
Texte et photos: Frédéric Ilboudo
À l’état civil, la princesse, dans La Geste des étalons, s’appelle Alice Zongo. Du haut de ses vingt-cinq ans, cette jeune femme frêle (1,60 m pour 60 kg) manie le mors de ses chevaux comme Joël Rebuchon, en cuisine, ses louches. “Ma passion pour les chevaux remonte à ma plus tendre enfance, raconte t-elle. Mon père était le propriétaire d’un cheval, et c’est lui qui nous a initiés à l’art de l’équitation.”
Très vite, la dextérité d’Alice s’affirme. L’équitation devient une passion qui la conduit, dès l’age de douze ans, à préférer la compagnie des chevaux aux jeux des filles de son âge. Ni les crottins ni les risques de toutes sortes ne découragent la jeune cavalière, résolue à se faire une place dans ce milieu masculin. C’est au milieu des chevaux que se forgera son destin. “Quand elle venait chez nous, à l’écurie, on avait peur pour elle, raconte un des cavaliers de l’Écurie mandingue. Mais elle était tellement déterminée qu’on a fini par l’encourager.” Une passion dévorante qui n’empêche pas Alice Zongo d’obtenir un diplôme en hôtellerie au terme de trois années d’études. › Lire la suite
Ambiance de ranch au bord du Djoliba
“Un appel à la liberté, à la fraternité et à la tolérance”
Lundi 1er décembre, sur la berge du Palais de la Culture de Bamako, “La Geste des Étalons” marquait l’ouverture du neuvième Festival “Théâtre des Réalités”. Bien que le spectacle fût gratuit, certains spectateurs ont préféré le suivre depuis le pont surplombant le site…
Par David Sanon
Photo: Balkissa Maiga
Lundi soir 1er décembre, une cinquantaine de motocyclistes sont restés scotchés sur le Pont des Martyrs, les yeux rivés sur les berges tapissées de gazon vert du fleuve Niger, communément appelé Djoliba. En contrebas, une dizaine de cavaliers paradait dans une arène improvisée, accompagnés par un saxophone, un djembé, un taman et une guitare électrique. Depuis leur perchoir, ces Bamakois ont vécu, sans le savoir pour certains d’entre eux, le spectacle d’ouverture de la 9e édition du Festival “Théâtre des Réalités”: La Geste des Étalons, de Luis Marquès et Amadou Bourou (co-production de l’association L’Œil du Cyclone et de l’Écurie du Cheval mandingue). › Lire la suite
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