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Récréâtrales 2012: ramener le théâtre à sa base

Événement artistique d’envergure internationale, les Récréâtrales ont démarré ce vendredi 2 novembre 2012 dans une rue du quartier Gounghin Nord, à Ouagadougou. Pour ses organisateurs, cette manifestation innovante est porteuse d’une vision : ramener le théâtre à sa base, à sa dimension originelle d’espace de discussion sociale. C’est ainsi que cinq cours familiales accueillent les spectacles programmés…

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale...

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale…

L’édition 2012 des Récréâtrales investit les familles. Dans le quartier Gounghin, les espaces de vie des familles Bazié, Nadembéga, Nombré et Zaré, Bationo et Nikiéma se transforment en lieu de représentation des spectacles programmés. Dans la rue où est basée la fédération du Cartel, à l’origine des Récréâtrales, les cours des concessions occupées par ces familles ont été aménagées en salles de théâtre pouvant accueillir entre 150 et 300 spectateurs.

« La motivation première c’est que nous avons besoin de ce peuple là pour consommer ce que nous produisons, afin que nous puissions en vivre, précise le metteur en scène Ildevert Méda, l’un des initiateurs de cet événement. Il s’agit de conquérir notre premier public : celui qui vit avec nous, qui nous connaît et que nous connaissons. Ensuite, le public du quartier, de la ville et du pays. » Pour formaliser ce dispositif, les organisateurs et les populations ont mis en place des comités de quartier. Bruno Bazié se réjouit d’apporter sa contribution à ce concept original : « Je fais partie de ceux qui ont été sollicités lors de l’édition précédente. Cela nous permet de participer et de nous impliquer activement ».

Cette participation des populations est-elle bénévole ou fait-elle l’objet de subsides ? « Nous nous familiarisons avec le théâtre à travers les échanges, le partage, la solidarité et la communion avec d’autres personnes, et je puis vous affirmer que nous n’avons rien demandé en contrepartie, assure le sergent-chef Bationo, dont la concession abrite la pièce Al Mustapha. Nous sommes tous dans une dynamique de promotion du théâtre au Burkina Faso ! » M. Nazé Nikéma, dont la famille héberge le spectacle La Danseuse de l’eau, abonde dans le même sens. « Nous n’avons rien demandé en contrepartie car nous estimons tous que nous avons un devoir citoyen. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas à mettre la cour de ma concession à la disposition des Récréâtrales. » Une adhésion partagée par les trois autres familles impliquées : « C’est une bonne chose que le festival vienne à nous. C’est une démarche originale. »

Cette approche, si elle se généralisait, serait-elle susceptible de contribuer à la promotion du théâtre à l’échelle sous-régionale ? Pour le comédien malien Lamine Diarra, c’est une évidence : « La question fondamentale du théâtre, c’est le public. Et dans nos pays, le théâtre est circonscrit aux Instituts français, avec des implications financières qui le tiennent à l’écart les populations. Celles-ci ont du mal à débourser le prix du billet dans une situation de crise récurrente. On ne peut pas continuer d’imiter le théâtre occidental. Nous nous devons d’exceller dans une forme de théâtre qui se monte et se démonte partout. Moi je suis convaincu de la portée positive de cette démarche en Afrique. »

Youssoufou Diallo

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Théâtre chez l’habitant

Entretien avec Étienne Minoungou, directeur des Récréâtrales

C’est l’une des singularités notables des Récréâtrales, le festival de théâtre qui se tient tous les deux ans à Ouagadougou. La majeure partie des représentations artistiques s’y fait loin des salles de théâtre conventionnelles, chez les habitants du quartier Bougsemtenga, à Gounghin Nord. Dans le cadre de ce festival atypique, les familles Nikiéma, Nombré, Zaré, Bourou et Bationo accueillent les spectacles dans la cour de leur maison. Directeur général des Récréâtrales, Étienne Minoungou y voit « une manière de restituer le théâtre aux populations ».

Étienne Minoungou, comment en êtes-vous arrivé à donner certaines représentations chez les habitants du quartier de Bougsemtenga?

Le Festival s’est installé dans ce quartier en douceur, de manière progressive, dans la concertation et l’adhésion la plus totale. Nous avons trouvé des populations très ouvertes et très intéressées par la chose théâtrale. Pour autant, l’ancrage des Récréâtrales dans ce quartier s’est fait dans un cadre formel de dialogue et de concertation entre les promoteurs que nous sommes et les représentants des différentes composantes de la population. Ce cadre, c’est le comité de quartier, dont la mission est de décliner un certain nombre de propositions et d’orientations pour l’enracinement des activités à Bougsemtenga. Les responsabilités mutuelles sont définies de part et d’autre et nous entretenons des relations de confiance avec la population du quartier. Nous avons travaillé pendant plus de six ans pour y installer le festival et toutes les forces vives se sont impliquées activement à nos côtés. Il y a une véritable adhésion des populations à ce que nous faisons. On constate une belle symbiose, une parfaite communion entre la vie des habitants et le projet artistique, parce que c’est ça, la culture. Dans les maisons où se déroule le festival, les femmes, les enfants, les adultes, tous vaquent à leurs occupations. Certains sont tranquillement assis, d’autres poursuivent leurs activités domestiques sans aucune contrainte…

Pourquoi avoir choisi de transformer des espaces de vie en espaces de représentation plutôt que de jouer ces spectacles dans des salles traditionnelles ?

Le théâtre fait partie du débat social. Dès l’origine, il est constitutif de l’espace démocratique. Autrement dit, il appartient au peuple et il constitue un miroir de la société. C’est pourquoi nous devons ramener le théâtre à sa base et à son lieu originel. En tant qu’espace de discussion sociale, nous ne devons pas le confisquer pour l’enfermer dans une affaire réservée aux artistes, aux spécialistes et aux intellectuels. Dérouler les spectacles dans les espaces de vie est justement une manière pour nous de restituer le théâtre aux populations. En nous installant dans ce quartier de Ouaga, nous restons en contact avec les populations, investissant ces espaces intimes pour en faire des espaces publics, des espaces de discussion sociale.

Aujourd’hui, les populations du quartier adhèrent à notre démarche et s’approprient le festival. Elles nous ouvrent les portes de leur maison avec respect, disponibilité et confiance, acceptant de nous confier une grande partie de leur intimité. Vous pouvez constater par vous-même cette mobilisation exceptionnelle qui traduit leur adhésion.

Dans ces espaces de vie transformés en lieux de théâtre, est-ce que le spectacle ne prend pas le risque de perdre sa spécificité ?

Bien au contraire ! Ces spectacles y puisent une forme d’originalité. Les spectacles joués sur des scènes conventionnelles ont la même valeur que ceux qui sont joués là, dans ces espaces de vie. Le théâtre, c’est un public et des comédiens ; il peut se jouer partout. Comme vous allez le découvrir, nous avons aménagé ces maisons en y installant le matériel nécessaire, avec l’implication et le soutien effectif des populations.

Propos recueillis par Ousmane Mbengue

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“Fatma”, seule comme quinze

Par Médard Gandonou

Elle a beau avoir fait le tour de l’Afrique, la pièce théâtrale Fatma, tirée de l’œuvre du dramaturge M’Hamed Benguettaf, suscite toujours l’intérêt du public, comme on a pu le constater aux Récréâtrales 2010, à Ouagadougou. La qualité de la prestation de Diariétou Keïta, l’unique comédienne de ce monologue mis en scène par Christophe Merle, y est pour beaucoup…

Incarner, seule sur scène, une quinzaine de personnages, tel est le tour de force que réussit la comédienne sénégalaise Diariétou Keïta, dans Fatma. Ce vendredi 5 novembre, à l’Espace Feeren, à Ouagadougou, la standing-ovation du public ne laissait pas planer le moindre doute sur l’époustouflante prestation de Diariétou Keïta, qui est parvenue à établir une communication émotionnelle avec le public des Récréâtrales, qui s’est laissé totalement emporter par son récit.

Dans cette pièce, Fatma ressasse les souvenirs d’un rêve inassouvi. Sur sa terrasse, elle rompt la douleur, longtemps intériorisée, de son espoir déçu d’une vie meilleure. Tout en se remémorant ce souvenir mortifère, elle revisite les tares de la société africaine. La condition de la femme, le regard porté par la société sur le célibat, la précarité des conditions de travail, la supériorité sociale de la classe politique, la perte des valeurs sociales, la fratrie en déconfiture… › Lire la suite

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Ouematou, l’homme-théâtre de Ouaga

Par Gilles Arsène Tchedji

Son portrait est gravé sur l’affiche des Recréâtrales 2010. S’il ne se produit pas sur les planches du festival ouagalais, Ouematou Alamyona est en lui-même un personnage de théâtre…

Au Burkina Faso, la campagne électorale présidentielle bat son plein. Et pourtant, sur les murs de la capitale, Ouagadougou, les affiches assurant la promotion de la plateforme festival des Recreâtrales semblent avoir pris le pas sur celles des différents candidats en lice. Dessus, un personnage atypique aiguise la curiosité et capte l’attention. L’air farceur, équipé de lunettes noires, de larges bretelles et d’une cravate kilométrique qui lui descend jusqu’aux genoux, il tient une canne massive à la main gauche et semble entamer un étrange pas de danse.

Dans la rue du Cartel, au soir de l’ouverture des Recréâtrales, un homme qui lui ressemble étrangement est assis à une table du maquis La Cour des miracles. Coiffé cette fois d’un chapeau à rayures aussi original que le reste de son accoutrement, il tient à la main sa surprenante canne, ornée et colorée. Autour de son cou, nouée sans grand soin, sa cravate démesurée nous confirme qu’il s’agit bien du curieux personnage de l’affiche des Récréâtrales. › Lire la suite

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Récréâtrales 2010: des festivaliers conquis

Par Kpénahi Traoré

Transporter le théâtre au sein des familles, faire du village du festival un vaste chantier scénographique… Ce sont les deux principales innovations qui ont attiré l’attention des festivaliers à l’occasion des Récréâtrales 2010.

Dieudonné Niangouna, comédien et metteur en scène

J’ai trouvé l’organisation de ces Récréatrales très intéressante, avec une très forte administration. Au niveau du public, le résultat est incroyable. Et le fait qu’on ait localisé le festival dans un quartier populaire permet de rendre accessibles l’art, la culture, et notamment le théâtre et ses composants. On a l’habitude de dire que tout le monde à le droit à la culture, mais en réalité ce droit n’est jamais assez appliqué. Les Récréâtrales 2010 sont une belle illustration de cette devise. Par rapport à cela, je trouve que c’est une vraie réussite. Concernant les créations théâtrales, elles ont été d’une force assez intéressante dans leur majorité. Mais il y en a d’autres qu’il faut retravailler. N’oublions pas que c’est un festival de théâtre, donc la primeur sera d’abord faite aux œuvres d’excellence. › Lire la suite

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Patrick Joseph expérimente “Incessants”

Par Christian Koné

La compagnie haïtienne Theatron, invitée pour la première fois aux Récréâtrales 2010, présentait “Incessants”, une tragédie écrite par Guy-Junior Régis, mise en scène par Patrick Joseph et interprétée par Iramène Destin…

Le spectateur qui prend place à l’Inafac pour la représentation d’Incessant est tout de suite frappé par la scénographie. Surpris par le décor, fait de vieilles planches de bois disposées de manière désordonnée, comme les débris d’une maison en bois après un séisme. Au milieu, un “jeune homme” au regard vide. Pensif, souffrant, il est sur un lit d’hôpital et tient à dérouler le fil de sa vie, pour lui-même. Car dans son interprétation, Iramène Destin oublie le public. La comédienne installe ce qu’on appelle “le quatrième mur” entre la scène et le public, comme si elle était seule et que le public n’existait pas. Mais ses pensées sont extériorisées. On apprendra que le jeune homme est accusé de meurtre, qu’il tente de quitter son île (Haïti?) clandestinement par la mer, en direction des États-Unis voisins. Pas de chance: il sera pris puis incarcéré à Guantanamo. En tentant de s’enfuir, il se fait tirer dessus. Il finira par être extradé vers son pays. Malade, sur son lit d’hôpital, il fait le récit de sa triste vie dans cet univers de planches désordonnées, comme son parcours. › Lire la suite

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“Salina”, pièce posthume de Sotigui Kouyaté

Dimanche 7 novembre 2010, le Centre culturel français de Ouagadougou abritait le spectacle Salina, de Laurent Gaudé, mis en scène par Esther Siraba Kouyaté. Une pièce initiée par Sotigui Kouyaté, décédé en avril, à laquelle sa veuve a tenu à donner vie lors des Récréâtrales, comme un hommage posthume…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(03’13”)

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Entretien avec Daniel Marcelin, dramaturge et comédien haïtien

Propos recueillis à Ouagadougou par Gilles Arsène Tchedji

Le dramaturge et comédien haïtien Daniel Marcelin présentera sa pièce Ayiti lors du prochain Fesman, qui se tiendra du 10 au 30 décembre prochain à Dakar. Dans cet entretien à bâtons rompus, il revient sur le sens de sa participation à ce festival, magnifie le geste d’ouverture du Sénégal, qui a accueilli de jeunes étudiants haïtiens, et dénonce la responsabilité des dirigeants haïtiens dans les malheurs qui s’abattent sur la “perle des Antilles”…

Votre dernière pièce théâtrale, Ayiti, qui a été bien accueillie en Europe, est très attendue lors du prochain Festival mondial des arts nègres, à Dakar. Pouvez-vous nous en donner un avant-goût?

Cette pièce raconte l’histoire d’Haïti à travers le récit d’un Haïtien qui se retrouve bloqué dans un aéroport et qui fait défiler, à travers les gens qui passent, toute l’histoire de son pays. Il s’interroge notamment sur les raisons qui font qu’Haïti, première République noire au monde, soit aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde. Comment se fait-il qu’Haïti, qu’on appelait au XIXe siècle “la perle des Antilles”, soit devenu l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Et en se posant cette série de questions, notre homme se retourne sur le passé de son île pour situer d’où vient le problème: le blocage d’Haïti… › Lire la suite

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Jacques Deck, une vie dédiée à la culture

Par Christian Koné

Lors des Récréâtrales 2010, les festivaliers ont forcément croisé le regard de cet Européen corpulent aux cheveux blanc, la soixantaine bien sonnée, lunettes vissées sur les yeux. Comme si il avait le don d’ubiquité, le Belge Jacques Deck est en effet omniprésent sur le site, accueillant les spectateurs à la porte de chaque salle de spectacle ou presque, du CDC au CCF en passant par la rue piétonne du village du festival. Cet amoureux du théâtre est le bras droit d’Étienne Minoungou, le promoteur de la plus grande  manifestation théâtrale du Burkina.

Jacques Deck est lié depuis de nombreuses années au spectacle vivant. Ce fils de militaire, dernier d’une fratrie de six enfants, a débuté comme instituteur avant d’être amené à s’occuper du bar dans un petit théâtre expérimental. Du comptoir, il passe à la régie, et sa carrière dans le monde des planches se fait plus sérieuse.

Il crée ensuite le Centre dramatique de Liège, avec lequel il expérimentera le théâtre-action, surfant sur la vague de la révolution de mai 68. Imprégné des idées socialistes, Jacques Deck contribue à la création de pièces aux titres évocateurs: Ainsi va le monde, il ne va pas bien, Une jeunesse que l’avenir inquiète, Étranger, qui es-tu (une pièce sur l’immigration visant à dénoncer le racisme de ses compatriotes)… › Lire la suite

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Artistes et intellectuels, l’union sacrée

Par Kpénahi Traoré

Le 3e Forum des artistes et des intellectuels se tenait mercredi 10 novembre 2010 à Ouagadougou, en marge des Récréâtrales. Deux panels ont animé cette rencontre réunissant les acteurs du monde culturel et intellectuel. Co-organisé par le Mouvement des artistes et des intellectuels du Burkina et la Coalition africaine pour la culture, ce forum avait pour thème “Les conditions de la création culturelle et la question de la transmission en Afrique”.

L’artiste est perpétuellement à la recherche d’inspiration pour donner corps à sa créativité et faire naître de son imagination les idées les plus “folles” dans la création artistique. Comme l’artiste, l’intellectuel mène une réflexion permanente qu’on pourrait considérer comme une forme de création. “Ce qui réunit les intellectuels et les artistes, c’est la faculté de créativité”, confirme Étienne Minoungou, directeur des Récréâtrales. Ce point de rencontre entre artistes et intellectuels a conduit les uns et les autres à unir leurs forces pour mener des initiatives communes et décider de leur devenir. › Lire la suite

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Leila Toubel, la grande voix de l’Apocalypse

Par Gilles Arsène Tchedji

Auteure, actrice, comédienne et dramaturge, Leila Toubel est l’une des grandes figures du théâtre tunisien. Son dernier texte, The End, mis en scène par son compatriote Ezzeddine Gannoun, témoigne une fois encore de la grandeur de son talent. Portrait d’une femme vouée au théâtre et d’une plume engagée.

Leila Toubel est l’auteur de la pièce de théâtre The End, qui a été présentée au public ouagalais vendredi 5 novembre à l’occasion des Récréâtrales 2010. “J’ai commencé très jeune à faire ce métier, raconte cette comédienne aussi singulière que son écriture. À 13 ans, je faisais mes premières scènes dans le théâtre scolaire.” C’est en 1990 qu’elle débute véritablement, aux côtés du metteur en scène tunisien Ezzedine Gannoun. “J’ai débarqué au Centre de formation internationale arabo-africain El Hamra, à la suite d’une audition ouverte aux comédiens. J’ai réussi le test, et cela a abouti à cette rencontre avec Ezzedine Gannoun. Notre aventure commune dure depuis vingt ans maintenant.” Leila Toubel décide en effet d’intégrer le Centre arabo-africain El Hamra, trouvant là  “un terrain fertile”.

Amoureuse du théâtre jusqu’au bout des ongles, la comédienne ne vit que pour les planches. “J’étais déjà fascinée par la magie de cet art, raconte-t-elle avec enthousiasme. J’avais envie d’en faire mon métier. J’ai l’amour du théâtre: être sur scène, écrire, diriger des comédiens, des metteurs en scène, des dramaturges… En dehors de cela, je me plais à aller à la rencontre de jeunes artistes.” › Lire la suite

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Entretien avec Obou de Sales Vagba

Propos recueillis par Médard Gandonou

Dans une ambiance de fin de spectacle, à l’occasion des Récréâtrales 2010, l’Ivoirien Obou de Sales Vagba, metteur en scène  de la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, évoque pour nous la thématique de sa dernière création – le rapport entre l’existence humaine et la science – ainsi que le lien entre cette thématique et la configuration scénographique adoptée.

Dans “Les Convives de la maison Sapézo”, quelle a été votre approche théâtrale dans le traitement de la question de l’évolution de la science?

Au-delà de la science, la question de l’existence humaine et de la vie se pose. Quand nous regardons la société actuelle, il apparaît que la technologie évolue très vite, ce qui crée une peur, voire une psychose. Est-ce que demain nous ne finirons pas par être totalement contrôlés par cette technologie? C’est une question grave pour l’homme, et pour la traiter nous avons choisi d’impliquer le public. D’où cette configuration circulaire qui, chez nous, en Afrique, est symbolique des rencontres sous l’arbre à palabres, au cours desquelles on traite des questions urgentes et graves. Avec cette configuration, il n’y a pas de rapport enseignant-enseigné, mais plutôt un rapport circulaire où tout le monde est au même niveau et où l’on en parle. › Lire la suite

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Tous embarqués dans le vertige de la science

Par Médard Gandonou

Programmée lors des Récréâtrales 2010, à Ouagadougou, la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, de la troupe ivoirienne Le Cresas d’Abidjan, expose le problème de l’existence humaine face à une science sans limite.

À l’entrée de l’espace de représentation, le spectateur a l’impression que la science l’y attend. Ce samedi 6 novembre 2010, on l’accueille au seuil de cette maison étrange comme s’il était, lui aussi, l’un des Convives de la maison Sapézo. À l’occasion des Récréâtrales 2010, la deuxième représentation de cette pièce mise en scène par l’Ivoirien Obou de Sales Vagba a lieu dans la concession Chez Nadembega Bationo, une famille du quartier Gounghin, dans la capitale burkinabè. L’assistante du Dr Sapézo, un scientifique exalté par sa dernière expérience, l’introduit ce soir-là dans un monde insolite marqué par l’omniprésence d’inventions scientifiques. Tout respire la science, depuis l’espace scénique jusqu’au public, où se tient un “robot humain”. Debout, tout de blanc vêtu, l’allure mécanique, cet être bizarre qui se tient sur les bancs du public, est l’une des créations du Dr Sapézo.

Obsédé par la recherche scientifique, ce dernier est parvenu à réaliser une transplantation de cerveau humain. Aussi a-t-il invité ses pairs, d’éminents chercheurs, à célébrer avec lui le succès de cette expérience inédite. Mais voilà que le monstre ainsi créé devient une menace pour l’espèce humaine. Le créateur s’affole devant sa créature et se mélange les pédales. Débandade sur scène… › Lire la suite

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One man show dans un “Champs de sons”

Par Christian Koné

Le comédien camerounais Emil Abossolo-Mbo a pris ses quartiers aux Récréâtrales 2010. Samedi 6 novembre, il jouait “Champs de sons” en famille, “Chez les Bazié”. Un large public est venu prendre place sous les manguiers pour suivre ce spectacle programmé à l’improviste. Des instants inoubliables, avec ce monologuiste hors pair, encensé par la critique.

Il est seul sur la scène, habillé d’un jean noir et d’un t-shirt noir recouvert d’une chemise couleur ocre. Seul avec ses instruments de musiques, qui sont autant d’outils pour cultiver, avec sa voix, son Champs de sons, pièce théâtrale qu’Emil Abossolo-Mbo a écrite, mise en scène et dont il est l’unique interprète. Il balaie la salle du regard, inspire puis expire. Face à lui, le public s’est assis sous les “manguiers à palabres” de Chez les  Bazié.

Emil Abossolo-Mbo demande au public de participer avec lui à la “cultivation” du champs de sons. Il crée des mots, leur donne vie dans son texte. Avec lui, c’est le jeu des mots. Il faut tendre l’oreille, garder l’attention car dans son champs, il va vite, s’arrête sans prévenir, tourne, danse, chante et marque des pauses. Champs de sons, c’est d’abord un voyage dans l’enfance de l’auteur, au Cameroun. L’histoire d’un petit garçon qui fait des premiers pas à l’école des blancs, dans une classe radicalement différente de celle de Grand-Père Winkata, auprès de qui il avait appris à entrer en communion avec les esprits du pouvoir naturel. Cette initiation est interrompu par l’exigence d’aller à l’école gouvernementale, à laquelle, visiblement, l’enfant préférait l’école de la vie, dont les enseignements lui étaient transmis par son grand-père. Chez Wintaka on flatte, on berce avec amour et sourires. Mais à l’école publique, les maîtres (tout particulièrement M. Afana) intimident et chicotent. › Lire la suite

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“Paroles de forgeron”, paroles d’initié

Par Moustapha Bello Marka

Avec “Paroles de forgeron”, de KPG, mis en scène par Emil Abossolo-Mbo, le théâtre, par sa magie propre, parvient à rendre accessible une parole au départ hermétique et réservée aux seuls initiés, en abordant les problèmes de notre société…

“Beaucoup pensent que tout ce que nous faisons ici, en Afrique, ce sont des superstitions, des choses qui ne servent à rien. Alors que quand ça vient de l’autre côté, c’est important.” Par ces mots, le comédien-conteur Gérard P. Kientega, plus connu sous le nom de KPG, situe le cadre de son spectacle Paroles de forgeron, un conte théâtralisé qu’il vient d’interpréter dans l’enceinte même de la maison de la famille Bazié, lors de l’ouverture des Récréâtrales 2010. Ce cri de révolte, c’est celui d’un artiste qui entend puiser la substance de son art dans les racines profondes des réalités qui sont les siennes: celles d’une Afrique riche de sa culture, mais qui doit suivre et consommer ce qui vient d’ailleurs. KPG, lui, refuse de se soumettre à “ceux qui veulent étouffer, absorber la culture africaine”. › Lire la suite

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KPG, fils de forgeron et conteur de talent

Par Issa Mossi

Il s’appelle Kientega Pingdéwindé Gérard. Mais au Burkina, on le connaît sous son nom d’artiste: KPG. À 32 ans, il conquiert le public par sa maîtrise de l’art du conte…

Une cour pas comme les autres. Des arbres sur lesquels sont accrochées des ampoules éclairent une scène faite de deux podiums, nous donnant l’impression d’être au milieu d’une forêt au clair de lune. Deux petits poussins blancs se pavanent tranquillement d’un bout à l’autre de la scène. Tout autour, des spectateurs, oreilles tendues, yeux ouverts, prêts à boire les Paroles du forgeron, un conte théâtralisé écrit par KPG et mis en scène par Emil Abossolo-Mbo.

Sur la scène, deux musiciens et un conteur, qui chantent et dansent. Celui qui raconte l’histoire, c’est Kientega Pingdéwindé Gérard, connu sous le nom de KPG: trois lettres qui sonnent comme le KGB de l’ex-Union Soviétique. Mais KPG, lui, n’est pas un espion: c’est un initié rompu à l’art de la parole, qu’il va rechercher dans les méandres des traditions ancestrales. “Déjà élève, il avait des talents pour réussir dans la vie artistique”, se rappelle Michel Saba, son ancien professeur de français. › Lire la suite

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Théâtre initiatique

Au terme de la première représentation de “Paroles de forgeron”, lors des Récréâtrales 2010, le Camerounais Emil Abossolo-Mbo, qui en a assuré la mise en scène, revient sur les messages transmis par la pièce…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(04’13”)

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“Paroles de forgeron”, de KPG

Présenté lors de la soirée inaugurales de la plateforme festival Récréâtrales 2010, Paroles de forgeron, fruit d’un travail commun entre le comédien burkinabè KPG et le Camerounais Emil Abossolo-Mbo, qui en assume la mise en scène, offre au public un voyage dans l’Afrique profonde et mystérieuse…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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“Champs de sons”, d’Emil Abossolo-Mbo

Avec Champs de sons, Emil Abossolo-Mbo retrace le parcours initiatique d’un enfant africain qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Incarnant successivement tous les personnages de ce spectacle déjà rôdé, il a séduit le public des Récréâtrales 2010…

Par Boukary Ouédraogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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Ses pairs rendent hommage à Sotigui Kouyaté

Par Kpénahi Traoré

La première de la dernière pièce portée par Sotigui Kouyaté avant sa mort, survenue en avril 2010, était présentée le 7 novembre 2010 à la faveur de la plateforme Festival des Récréâtrales, qui se tient à Ouagadougou depuis le 4 novembre. À la sortie du spectacle, quelques ténors du milieu théâtral se sont exprimés sur ce projet initié par Sotigui.

Esther Siraba Kouyaté, metteur en scène et veuve de Sotigui Kouyaté
“Je suis très heureuse parce que c’était vraiment le souhait de Sotigui jusqu’à son départ. Il parlait tous les jours de ce spectacle, de la façon dont il rêvait de le mettre en scène. C’était très dur pour moi qu’il ne puisse pas le voir. Aujourd’hui, je suis remplie de joie en voyant que Salina est née, que j’ai pu présenter cette pièce ici, à Ouagadougou, avec les comédiens qu’il souhaitait. C’est aussi une joie que le public l’ait accueilli avec beaucoup d’émotion. Il y a tellement de thèmes dans ce texte auxquels Sotigui était sensible: la paix, l’espoir, la justice et la souffrance des femmes…” › Lire la suite

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L’ombre de Sotigui Kouyaté plane sur les Récréâtrales

Par Kpénahi Traoré

La paix, l’espoir, la justice, le cri et la souffrance d’une femme, telle sont les thèmes développés dans “Salina”. Ce texte de Laurent Gaudé est tout de suite adopté par Sotigui Kouyaté lorsque celui-ci le découvre en 2006. Il décide alors d’en faire une pièce de théâtre dont il doit assurer lui-même la mise en scène. Malheureusement, sa mort, en avril 2010, ne lui permettra pas de mener ce projet à son terme. C’est sa veuve, Esther Siraba Kouyaté, qui s’en chargera. La représentation de “Salina” eu lieu dimanche 7 novembre 2010 au Centre culturel français Georges-Méliès de Ouagadougou, dans le cadre des Récréâtrales 2010…

C’est fait. Salina est née, malgré le décès de Sotigui Kouyaté, qui se consacrait depuis quatre ans à l’élaboration de cette pièce. À l’occasion des Récréâtrales 2010, à Ouagadougou, Salina a été portée sur les planches par la veuve du metteur en scène malien et burkinabè, Esther Siraba Kouyaté, et par les comédiens que Sotigui avait lui-même choisis dès le départ.

“Je crois que tous ceux qui étaient proches de Sotigui ont hérité de quelque chose. Il nous a aussi appris à porter cet héritage plus loin”, témoigne Esther Kouyaté, metteur en scène du spectacle. Un héritage palpable au soir de la représentation. Car à travers Salina, c’est comme si Sotigui avait été présent sur la scène, où perçaient son imagination, sa réflexion, et où l’on pouvait entendre et voir les voix et les musiques qu’il aurait souhaité entendre, les costumes qu’il avait imaginés… Tout, ce soir-là, nous faisait ressentir la présence de ce grand homme de théâtre, et l’émotion se lisait sur les visages et dans les commentaires des uns et des autres. › Lire la suite

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L’étrange musée d’Athanase Kabré

Dans Le Musée Bombana de Kokologo, programmé lors de la 6e édition des Récréâtrales, le Burkinabè Athanase Kabré joue avec talent le rôle d’un conservateur de musée où sont exposés des objets improbables et surréalistes, issus de l’imagination des gens du village…

Par Christian Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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“The end”, compte à rebours avant la mort

Par Moustapha Bello Marka et Issa Mossi

Une œuvre poignante, servie par une mise en scène éblouissante. Avec “The end”, pièce de Leila Toubel mise en scène par Ezzeddine Gannoun, représentée le 5 novembre 2010 au Centre Culturel Georges-Méliès de Ouagadougou, dans le cadre de la plateforme festival Récréâtrales 2010, les spectateurs ont reçu leur part de beauté tragique et de questions existentielles.

Sur la scène, une chaise et deux escabeaux. Une jeune femme parle, parle et parle. Elle donne des consignes strictes, faisant et défaisant son testament. Elle prévoit dans les moindres détails tout ce qui doit tisser l’univers de sa mort. Une mort qui n’est pas à venir, mais déjà là. Elle n’oublie pas l’encens qui doit embaumer sa dépouille mortuaire, ni les personnes qui recueilleront les condoléances, ni même le long SMS écrit pour dire adieu, ou plutôt au revoir, à ses proches, qu’elle espère retrouver un jour dans l’au-delà. Rien n’est omis.

Nejma se sait condamnée par la maladie. Dans une heure, une seule petite heure, elle a rendez-vous avec la mort. Sa mort. Une heure pour vivre une éternité. Un calvaire qui s’ajoute à celui qu’elle a déjà vécu. “Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie?, se demande-t-elle. Je ne suis plus qu’un souvenir que le temps effacera. Je veux vivre ma vie librement et dignement.” Et l’ambiance elle-même se fait triste. Mariage d’ombres et de lumières. Rencontre entre des musiques graves, tristes, et des silences poignants. Pleurs dans le noir. Voix éclatées. Soupirs étranglés. Souffles tremblants qui suggèrent les souffrances dissimulées derrière les rideaux. Questionnements d’êtres humains qui se sentent prisonniers d’un destin dont le sens leur échappe, d’un absurde qu’ils ne cernent pas: “S’il y a la mort, pourquoi la vieillesse?”, s’écrie un personnage. › Lire la suite

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“Ayiti”, du séisme à la scène

Par Gilles Arsène Tchedji

À travers sa propre histoire, le comédien haïtien Daniel Marcelin reconstruit sur scène l’histoire de son pays, aujourd’hui en ruines. À l’occasion des Récréâtrales 2010,  il a présenté au public africain sa pièce “Ayiti”, mise en scène avec Philippe Laurent.

Quartier Gounghin, Secteur 9, à Ouagadougou. Face au quartier général de campagne du Président Blaise Compaoré, une petite maison attire l’attention. Sur les murs, de petites affiches indiquent que les lieux accueilleront le soir même la pièce Ayiti, en tournée européenne depuis quelques mois. À l’intérieur de la maisonnette, on s’affaire. Xavier Simon, le régisseur du spectacle, règle les lumières et les sons, sous la supervision d’un homme qui impressionne par sa taille. Il s’appelle Daniel Marcelin. C’est lui l’auteur de la pièce.

Il est 18h30. Encore deux heures et les spectateurs seront sur place. La scène est prête. Un décor sobre y est aménagé, constitué d’une pile de bagages. Non loin de là, Daniel Marcelin se prépare, semblant évacuer le stress en chantant à tue-tête dans cette petite cour parée d’une grande toile noire. Sa voix, qui reprend mélodieusement quelques chansons vaudous, porte loin. Cherche-t-il à conjurer le mauvais sort avant le début de la soirée ? Directeur du Petit Conservatoire de Port-au Prince, Daniel Marcelin n’a guère le temps de répondre à la question, il doit rester concentrer sur le spectacle. Aimable et disponible, il consent toutefois à nous dire quelques mots sur l’origine de cette pièce. “Je me trouvais à Bruxelles le 12 janvier 2010, au moment du séisme [qui a frappé Haïti]. Je m’apprêtais à travailler sur un projet théâtral avec Philippe Laurent lorsque cet événement est survenu. J’ai alors décidé de rester pour poursuivre mon travail. Car, quand tout s’écroule, il reste la culture”, confie le comédien, sur un ton engagé, avant de se réfugier dans sa loge. › Lire la suite

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Théâtre à domicile

Pour sa 6e édition, la plateforme festival Récréâtrales 2010 innove en transformant plusieurs maisons du quartier Gounghin, à Ouagadougou, en salles de spectacles. Un moyen de rapprocher le théâtre de son public…

Par Boukary Ouedraogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo

(03’50”)

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