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« La Danseuse de l’eau »

Quand danse, musique et théâtre se conjuguent

Créée en hommage à Jean-Pierre Guingané par les Productions Falinga, « La danseuse de l’eau » a été joué vendredi 2 novembre chez les Nikiema, dans le cadre des Récréâtrales 2012. Mise en scène par Abidine Dioari, cette pièce hybride, intègre la danse et la musique…

Ce vendredi soir, la cour des Nikiema est le cadre d’une représentation théâtrale particulière. Partie intégrante de la scène, un orchestre de cinq musiciens, installé côté jardin, égrène ses notes de musique bien avant le début de la représentation. Lorsque Mahamoudou Tindano et Paul Zoungrana, les deux comédiens, font leur entrée, la musique s’interrompt. Elle reprendra quelques minutes plus tard, accompagnée cette fois des pas cadencés des comédiens. Musique, danse et théâtre alterneront ainsi pendant une heure. Les spectateurs semblent apprécier cette formule hybride, à l’instar d’Angela, uns spectatrice ouagalaise pour qui l’histoire du petit Kira est rendue plus accessible par cette combinaison des genres.

Préoccupé par le manque d’eau potable dans toutes les régions du monde alors que, d’après sa maîtresse, les 9/10e de la planète sont recouverts d’eau, le jeune garçon se tourne vers sa grand-mère, N’Gandou, pour comprendre. Cette dernière lui raconte alors son histoire. Jadis, dans sa jeunesse, elle était Kobrani, danseuse de l’eau et princesse des Mers. De sa vie de princesse en quête de couronnement jusqu’à sa déchéance puis à son éloignement du royaume des Mers, en passant par ses deux triomphes au concours de danse dans le village riverain, N’Gandou explique à son petit-fils, au travers de danses et de chants rituels, que le manque d’eau est dû à cet éloignement.

Mission accomplie mais…

« J’ai eu cette idée de combiner ces trois différents genres artistiques car selon moi, c’était la seule façon de capter l’attention des spectateurs. Surtout quand on sait la place qu’occupent la musique et la danse dans leur quotidien », explique Abidine Dioari. Pour le metteur en scène burkinabè, au-delà de leur caractère esthétique, les différentes séquences musicales sont porteuses d’une certaine pédagogie. Elles participent du déroulement de la scène théâtrale, d’autant que des messages sont adressés à travers ces inserts. « La musique et la danse intégrées au théâtre ne sont pas des séquences isolées », estime-t-il.

Il n’en demeure pas moins que l’intégration de plus en plus systématique de la musique dans les pièces de théâtre suscite quelque inquiétude parmi les acteurs culturels burkinabès, qui jugent ce processus excessif. Pour les détracteurs de cette tendance, le texte théâtral en lui-même, doté d’un rythme propre, constitue déjà une musique. Ce rythme, il revient au metteur en scène de le partager avec le public. « Intégrer de la musique dans le théâtre est une bonne idée si cela permet de rendre le texte accessible, estime un metteur en scène présent aux Récréâtrales. Mais il ne faudrait pas que ce recours devienne une solution de facilité pour les metteurs en scène en panne d’inspiration. Sinon, d’ici quelques années, on risque de ne plus avoir de mise en scène professionnelle ».

Eustache Agboton

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