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Tous embarqués dans le vertige de la science

Par Médard Gandonou

Programmée lors des Récréâtrales 2010, à Ouagadougou, la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, de la troupe ivoirienne Le Cresas d’Abidjan, expose le problème de l’existence humaine face à une science sans limite.

À l’entrée de l’espace de représentation, le spectateur a l’impression que la science l’y attend. Ce samedi 6 novembre 2010, on l’accueille au seuil de cette maison étrange comme s’il était, lui aussi, l’un des Convives de la maison Sapézo. À l’occasion des Récréâtrales 2010, la deuxième représentation de cette pièce mise en scène par l’Ivoirien Obou de Sales Vagba a lieu dans la concession Chez Nadembega Bationo, une famille du quartier Gounghin, dans la capitale burkinabè. L’assistante du Dr Sapézo, un scientifique exalté par sa dernière expérience, l’introduit ce soir-là dans un monde insolite marqué par l’omniprésence d’inventions scientifiques. Tout respire la science, depuis l’espace scénique jusqu’au public, où se tient un “robot humain”. Debout, tout de blanc vêtu, l’allure mécanique, cet être bizarre qui se tient sur les bancs du public, est l’une des créations du Dr Sapézo.

Obsédé par la recherche scientifique, ce dernier est parvenu à réaliser une transplantation de cerveau humain. Aussi a-t-il invité ses pairs, d’éminents chercheurs, à célébrer avec lui le succès de cette expérience inédite. Mais voilà que le monstre ainsi créé devient une menace pour l’espèce humaine. Le créateur s’affole devant sa créature et se mélange les pédales. Débandade sur scène… › Lire la suite

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Financer le théâtre en Afrique de l’Ouest : une gageure

Par Sessi Tonoukuin

À travers l’Afrique de l’Ouest d’expression francophone, plusieurs festivals de théâtre annuels ou biennaux réunissent des professionnels venus d’Afrique ou d’Occident. C’est notamment le cas du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR), qui a tenu sa neuvième édition au Mali du 1er au 7 décembre 2008. Pourtant l’organisation de tels événements culturels dans nos contrées n’est pas une sinécure. Budgets non bouclés, ardoises de dettes, démission des pouvoirs publics reviennent comme un refrain sur les lèvres des promoteurs de tels festivals. Décryptage.

Adama Traoré, le directeur du FTR, en discussion avec Dorine Rurashitse, coordinatrice artistique d'Africalia Belgium pour l'Afrique de l'Ouest.

À la page 32 du programme de l’édition 2008 du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR), en conclusion du paragraphe énumérant les partenaires ayant soutenu cet événement, quelques mots en lettres capitales et caractères grossis attirent l’attention du lecteur: “SANS LE SOUTIEN DU MINISTÈRE DE LA CULTURE DU MALI”. Par ce pied de nez, le fondateur et directeur artistique du FTR, Adama Traoré, entend bien relancer le débat sur le maigre soutien accordé par la plupart des gouvernements d’Afrique de l’Ouest aux manifestations culturelles, et plus précisément aux festivals de théâtre.

Interrogé par Cultur’Afrique, Adama Traoré confirme que depuis la création de son festival (neuf éditions en douze années d’existence), il n’a bénéficié d’aucun soutien financier de la part de l’État malien. “Jusqu’à aujourd’hui, le ministère de la Culture du Mali n’a jamais soutenu financièrement le Festival du Théâtre des Réalités. Pire: les salles qui lui appartiennent nous sont louées à chaque édition!”, s’indigne-t-il. Selon lui, cet état de fait déplorable persiste à cause de l’inexistence d’une véritable politique culturelle au Mali. En effet, une telle politique impliquerait la mise en œuvre de mécanismes d’aide à la création, à la diffusion et au fonctionnement de certaines structures culturelles non étatiques.

Conséquence directe de cette carence: Adama Traoré a beaucoup de mal à financer son entreprise, et cette situation suscite la méfiance des institutions bancaires: “Je n’ai pas totalement bouclé le budget du Festival et je suis déficitaire. Je crains que la relation avec ma banque, avec qui je travaille depuis la création de l’association Acte 7, en pâtisse. Cette banque a du mal aujourd’hui à me consentir des avances de trésorerie.” Calvaire! › Lire la suite

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Le Festival “Théâtre des Réalités” à l’heure du bilan

Par David Sanon
Photos: Frédéric Ilboudo

“La Geste des Étalons”

Lundi 1er décembre 2008 à 20h30, les projecteurs du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR) s’allumaient sur la berge du fleuve Niger, à Bamako. C’est dans ce décor majestueux qu’une douzaine de cavaliers allaient offrir un formidable ballet aux nombreux spectateurs ainsi qu’aux curieux qui avaient préféré le contempler depuis le pont des Martyrs. Venu du Burkina Faso, remarquablement mis en scène par Luis Marquès et Amadou Bourou, le spectacle équestre La Geste des Étalons marquait la soirée inaugurale de la 9e édition du Festival “Théâtre des Réalités”.

Pendant une semaine, huit sites maliens allaient vibrer au rythme du Festival. Innovant à chaque édition depuis qu’il l’a initié en 1996, Adama Traoré a par ailleurs favorisé cette année une décentralisation, voire une internationalisation, du FTR. En plus des huit villes du Mali choisies pour y représenter les pièces, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi que Dakar, Kaolack, Tambacounda et Thiès, au Sénégal, ont aussi accueilli certains des spectacles dans le cadre de la Caravane des Réalités. L’ambition poursuivie par Adama Traoré est de promouvoir ainsi le théâtre auprès des populations de la sous-région. Les créations qui ont suivi ce circuit par la route ont pu ainsi être vues par un grand nombre d’Africains. › Lire la suite

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“Maître Harold” (extrait vidéo)

Voici un extrait vidéo de Maître Harold, d’après l’œuvre d’Athol Fugard, sur une mise en scène de Hassane Kassi Kouyaté. Présentée à Bamako à l’occasion du neuvième Festival “Théâtre des Réalités”, cette pièce a donné lieu à divers critiques et reportages sur Cultur’Afrique:
* Rencontre avec Hassane Kassi Kouyaté
* Sur un air de Quick-Step
* Rencontre avec Julien Favart
* Noirs et Blanc

http://www.dailymotion.com/videox55pxy

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La mort dans Lam

Par Fatou Kiné Sène
Photos: Frédéric Ilboudo

Dans “L’os de Mor Lam”, dont une représentation s’est tenue jeudi 4 décembre au Centre culturel Karim Togola de Sabalibougou (Bamako), le metteur en scène burkinabè Issaka Sawadogo ne s’est pas contenté d’adapter pour le théâtre le conte du Sénégalais Birago Diop: il y a ajouté une dose de contemporanéité. Tout en restant fidèle à cette dénonciation de l’égoïsme humain, il en a actualisé le récit.

Fuyant les massacres, des villageois traversent le public pour rejoindre, sur la scène, un camp de réfugiés. Ils ont traversé les pires épreuves. Cela se lit dans leur regard, sur leurs visages recouverts de poussière ou encore sur leurs habits devenus haillons. Oumou, en commérage avec sa voisine Awa, l’épouse de Mor Lam, raconte ces horreurs. Elle parle de corps déchiquetés et compare ces massacres au partage d’un bœuf. Sur scène, une case faite de sacs de riz sert à la fois de mosquée, d’église, d’école et de maison. À côté, des huttes dressées pour délimiter l’espace, ainsi que des ustensiles de cuisine qui serviront à cuire l’os de Mor Lam. › Lire la suite

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Rencontre avec Hassane Kassi Kouyaté

Né au Burkina Faso, Hassane Kassi Kouyaté est l’initiateur et le directeur artistique de la compagnie Deux Temps Trois Mouvements, basée à Paris. Nous l’avons rencontré à Bamako à l’occasion du Festival “Théâtre des Réalités”. Il revient pour nous sur son parcours et évoque ses projets…

Portrait réalisé par Bamadou Sanogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(2’33”)

Portrait_Kouyate_Bamadou_Sanogo.mp3

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Sur un air de Quick-Step

© Frédéric Ilboudo

© Frédéric Ilboudo

Harold, dit Hally ou Maître Harold, est un lycéen blanc de 17 ans. Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, il a grandi en compagnie de deux domestiques noirs: Sam et Willie, employés du salon de thé dont ses parents sont propriétaires. Tandis qu’Hally enseigne aux “boys” tout ce que lui-même apprend à l’école, Sam et Willie partagent en toute complicité les faits et gestes de leur vie quotidienne avec le jeune garçon. Mais l’affection qui unit Hally aux deux hommes est menacée par l’autorité qu’il détient…

Mise en scène par Hassane Kassi Kouyaté, la pièce Maître Harold a été jouée à Bamako à l’occasion du Festival “Théâtre des Réalités” 2008.

Reportage de Bamadou Sanogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(6’18”)

Maitre_Harold_Bamadou_Sanogo.mp3

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Mort pour un os

Par David Sanon
Photos: Frédéric Ilboudo

Dans la nuit noire de Sabalibougou, charmant quartier populaire de la ville de Bamako, une longue file de personnes exténuées traverse les spectateurs pour rejoindre la scène, qui représente un camp de réfugiés. Tandis qu’ils s’installent, une ambiance festive s’empare du camp où une tente rapiécée sert à la fois d’école, d’église et de mosquée. Autour de la petite orpheline Doroto, une vendeuse de dolo, la communauté, traquée par la guerre, reprend goût à la vie.

Mise en scène par Issaka Sawadogo, la pièce est l’adaptation du conte L’os de Mor Lam, du Sénégalais Birago Diop. Ce récit dénonce des tares telles que l’égoïsme et le nombrilisme entre deux personnes tenues par des engagements sociaux antagonistes. La fraternité de case, encore appelée “bokk nbar”, est plus forte que la fraternité de sang. Circoncis sur le même mortier, les deux personnages sont obligés de se soutenir et de se rendre mutuellement secours. › Lire la suite

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Désir d’ailleurs

Par Frédéric Ilboudo (texte et photos)

À Bamako, le Festival “Théâtre des Réalités” a choisi pour thème central de sa neuvième édition: “Migrations et migritudes”. Une problématique qui est aussi au cœur du programme d’action de l’Association des expulsés du Mali (AEM). Jeudi 4 décembre, le professeur Harouna Barry, sociologue et conseiller à la présidence de la République du Mali, animait aux Quartiers d’Orange, l’un des centres névralgique du Festival, une conférence intitulée: “Diversité culturelle et migration”. Une occasion de démystifier, à l’intention de la jeune génération, l’illusoire désir d’ailleurs qui lui tient lieu d’horizon.

L'entrée des Quartiers d'Orange, à Bamako

L’Afrique se vide. Chaque jour que Dieu fait, sur leurs pirogues de fortune, ils sont des milliers à se fracasser le nez et à se déchiqueter la peau sur les murs et les barbelés de Ceuta et Melilla. Un phénomène qui, en Afrique de l’Ouest, inquiète.

Que peut-on faire pour interrompre l’hémorragie humaine qui voit le continent africain se vider de ses forces vives, tel un corps de son sang? Et pour ceux qui sont partis, comment vivre en symbiose dans leur pays d’accueil? Est-il possible, là-bas, de ne renier ni ses racines ni sa culture? Prévue comme une conférence, l’intervention d’Harouna Barry a surtout donné lieu à un partage d’expériences, à un échange à bâtons rompus. Durant cette discussion animée, les plus jeunes ont regardé leurs aînés droit dans les yeux. Ces derniers, forts de leur expérience et de leur vécu, leur ont transmis leur savoir. Les échanges ont interrogé le passé, balayé le présent, avant de se projeter dans l’avenir. › Lire la suite

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Rencontre avec Julien Favart

Le comédien français Julien Favart tient le rôle d’Harold dans la pièce tirée de l’œuvre d’Athol Fugard et mise en scène par Hassane Kassi Kouyaté: “Maître Harold”. Nous l’avons rencontré au sortir de la représentation donnée à Bamako, jeudi soir 4 décembre, aux Quartiers d’Orange.

Interview réalisée par Issa Coulibaly
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(1’07”)

maatre-harold_issa_coulibaly

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Noirs et Blanc

Par Tony Kwami Feda
Photos: Compagnie Deux Temps Trois Mouvements

Le metteur en scène burkinabè Hassane Kassi Kouyaté remet au goût du jour la question des divisions raciales et de l’amitié entre les peuples à l’occasion d’une présentée jeudi soir 4 décembre aux Quartiers d’Orange de Bamako: “Maître Harold”.

Port Elizabeth. L’Afrique du Sud des années dures de l’apartheid. La scène se passe au salon de thé “Le Parc Saint-George”, entre le blanc Harold, dont les parents sont propriétaires du lieu, et les deux domestiques noirs de la famille: Sam et Willie. En fond sonore, une musique d’inspiration noire: le be-bop, le jazz de Louis Armstrong, Coltrane, Duke Ellington, et le blues. Joie, gaieté, spleen et mélancolie.

Les parents d’Harold sont souvent absents. Sa mère passe son temps à courir derrière un mari qui termine ses journées dans la bouteille. Le petit Harold – “Harry” pour les domestiques – grandit à l’ombre de ces derniers, qui lui enseignent la culture et la musique noires. En contrepartie, Harry les instruit sur ce qu’il apprend à l’école. Un grand amour, une parfaite osmose, unissent les trois personnages. Mais les relations humaines évoluent et laissent parfois apparaître, derrière une apparente harmonie, un rapport de dominant à dominé. Au cours d’une altercation, Harry flanque une gifle à Sam, lequel lui rappelle qu’il a comblé l’absence d’un père irresponsable, contribuant à l’élever. › Lire la suite

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Chemins d’exil

Par Davy Philippe Koutiangba

Mis en scène par Macodou Mbengue, “Le Clan du Destin”, de la compagnie sénégalaise Les Gueules Tapées, traite de l’émigration vers l’Europe. Une pièce qui fait écho à la thématique choisie pour cette neuvième édition du Festival “Théâtre des réalités”: “Migrations et migritudes”.

“Le Ventre de l'Atlantique”, de Fatou Diome, a servi d'inspiration à la pièce de Macodou Mbengue (© DNA - Bernard Meyer)

Sur un décor imaginaire censé représenter le bord de mer, trois comédiens dont une femme investissent la scène à tour de rôle. Dans l’attente d’un passeur, ces candidats à l’émigration rencontrent un prêtre traînant un cercueil. Tout un village l’a supplié de partir à la recherche du corps d’un de ses fils, disparu après avoir caressé l’espoir de gagner l’autre rive de la Méditerranée. Le prêtre attend que la mer veuille bien rejeter ce corps, parmi tant d’autres qu’elle a engloutis. Il pourra ensuite aller le présenter aux villageois afin que ceux-ci organisent une cérémonie funéraire. › Lire la suite

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Atteindre l’autre rive

Par Dieudonné Korolakina

Dans la pièce “Le Clan du destin”, la compagnie sénégalaise Les Gueules Tapées relate le rêve ubuesque de jeunes aventuriers africains coincés sur une plage, attendant, impuissants, le salut de la traversée.

Mêlée aux brouillards de l’harmattan et du trafic polluant de la fin d’après-midi, la poussière de Bamako se dissipe. Sur la scène des Quartiers d’Orange - petit théâtre très sympathique, sis sur les hauteurs de la capitale malienne, à proximité de la zone industrielle - la compagnie des Gueules Tapées, venue du Sénégal, présente au public du Festival “Théâtre des Réalités” une adaptation de trois textes écrits par Salim Jay, Tahar Benjelloun et Fatou Diome: Tu ne traverseras pas le détroit, La Réclusion solitaire et Le Ventre de l’Atlantique. Ces trois textes portent en eux la force du rêve: atteindre l’autre rive, cet ailleurs inaccessible.

La mise en scène de Macodou Mbengue est plaisante et accessible. La pièce débute dans une obscurité envahissante. On soupçonne des présences humaines. De vagues silhouettes diffusent des éclairs fugaces de lumière, trouant le noir par intermittences. Sur la scène et dans la salle, des personnages émettent comme des cris de détresse. Surgit une mélopée, tandis que deux projecteurs latéraux balaient la scène. › Lire la suite

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Sur le chemin du désespoir

Par Balkissa Maiga
Photos: Frédéric Ilboudo

Écrite par la jeune dramaturge malienne Hawa Diallo, la pièce Caterpillar était au programme lors de la deuxième journée du Festival “Théâtre des réalités”. La mise en scène porte la griffe de Claude Yersin, l’ancien directeur du Nouveau Théâtre d’Angers. Mardi 2 décembre, le spectacle se tenait aux Quartiers d’Orange  transformé pour l’occasion en théâtre.

Sur scène, peu d’objets. Dans la cabane de fortune dressée au cœur de la scène, des bidons, une cuvette, une couverture. C’est dans cette cabane que va se conter l’histoire de la jeune Seba. Domestique dans une famille aisée de Bamako, elle a été violée et  mise enceinte par son patron.  Commence alors pour elle un long chemin de croix. Chassée de son emploi par la maîtresse de maison, elle va se lier avec deux compagnons d’infortune. Aliou, dit Caterpillar, est un Malien expulsé de France qui est rentré dans son village désargenté. Traité d’enfant maudit, il est chassé comme un chien par sa famille. Bijou, fille d’une juge qui n’est autre que l’ex-patronne de Seba, est mariée à un homme riche qui la fait passer pour sa nièce. Elle a préféré abandonner son foyer pour retrouver sa liberté. › Lire la suite

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L’acte de foi d’un comédien engagé

Par Sessi Tonoukuin

En première à Bamako, la pièce Elf, la pompe d’Afrique a été jouée mercredi 3 décembre sur les planches des Quartiers d’Orange. Ce procès de la politique néocolonialiste de la France en Afrique (la “Françafrique”), dont les textes sont tirés des propos réellement tenus en 2003 devant le tribunal parisien chargé de juger les principaux responsables de la firme pétrolière, a été mis en scène par le Français Nicolas Lambert. Une expression du théâtre documentaire sur fond d’or noir…

Le décor est simple. Un baril qui sert de pupitre au juge, au milieu d’une scène circulaire avec un présentoir de cartable. Trois portraits en couleur des présidents français De Gaulle, Mitterrand et Chirac, accrochés à un poteau noir et surmontés par une balance sur le côté jardin. Un comédien qui entre successivement dans la peau de cinq personnages. Voici l’arsenal scénographique choisi par Nicolas Lambert pour instruire à charge, condamner et enfin dénoncer la politique de domination indirecte de la France sur ses anciennes colonies d’Afrique. “Elf a été créé pour maintenir l’Algérie et les rois nègres dans l’orbite française par le biais du pétrole. Avec les Algériens, ça a capoté. Avec les rois nègres, ça se poursuit”, explique au tribunal, sans le moindre état d’âme, Loïk Le Floch-Prigent, président d’Elf de 1989 à 1993. › Lire la suite

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Bloody Niggers !

L'acteur Younouss Diallo (© F. Ibouldo)

Il n’est pas si courant qu’une pièce mettant en lumière les massacres coloniaux, et en particulier les méfaits de la “Françafrique”, soit joué sur les planches d’un Centre culturel français. Aujourd’hui installé en Belgique, l’acteur d’origine sénégalaise Younouss Diallo revient, pour CulturAfrique, sur la genèse de Bloody Niggers!, une pièce écrite par Dorcy Rugamba et mise en scène par Jacques Delcuvellerie…

Interviews recueillies par Hortense Atifufu, Bamadou Sanogo, Mohamed Lamine Maiga, Hamet Ba et Issa Coulibaly
Présentation: Elymane Nikiema
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(12’47”)

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La traversée ou la mort

Critique de la pièce Le Clan du destin, de Macodou Mbengue (compagnie Les Gueules tapées), représentée aux quartiers d’Orange, à Bamako, le 3 décembre.

Par Hamet Ba
(2’07”)

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Violation de domicile

Par Frédéric Ilboudo (Texte et photos)

Bloody Niggers! est un coup de poing porté au visage de la bonne conscience occidentale, qui pourfend tour à tour les États-Unis d’Amérique, une nation née sur le génocide des Amérindiens et qui a, plus récemment, déclenché le feu atomique contre le Japon tout en déversant des tonnes de napalm sur le Vietnam; la Belgique et son cortège de massacres dans le Congo colonial; mais aussi la France des Lumières, berceau des droits de l’homme, dont on oublie trop souvent que nombre de ses intellectuels, présentés comme des modèles d’humanisme, exprimaient un racisme caricatural.

Dans ce contexte, plus d’un observateur pouvait s’exprimer surpris d’une prise à partie aussi violente dans l’enceinte… du Centre culturel français (CCF) de Bamako! “Une telle pièce ne passerait pas dans un pays africain si les acteurs faisaient montre d’une même virulence à l’endroit de ce pays-là”, estimait un spectateur à la sortie du spectacle. › Lire la suite

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L’improbable traversée de la Méditerranée

Par Tony Kwami Feda
Photos: Dieudonné Korolakina

L’actualité tragique des migrants subsahariens traversant la Méditerranée à n’importe quel prix afin de rejoindre l’Europe a été portée sur la scène, hier soir, aux Quartiers d’Orange de Bamako, dans Le Clan du destin

Scène nue et étendue comme un désert, illustrant la désespérance. Bruits de mer en fond sonore, symbolisant l’envie de prendre le large. Trois jeunes gens, sac en bandoulière, semblant tout droit sortis d’un film de desperados surgissent sur la scène pour mener l’action de leur vie. La scène n’est pas courante, mais les journaux télévisés bruissent, ces derniers temps, des péripéties de ces hordes humaines traversant le Sahara pour braver, au péril de leur vie, les eaux de la Méditerranée.

L’immigration clandestine des jeunes Africains était portée, hier soir 3 décembre, sur la scène des Quartiers d’Orange par la troupe sénégalaise des Gueules Tapées. Le Clan du destin est une pièce écrite et mise en scène par le Sénégalais Macodou Mbengue. Fuyant la misère des pays du Sud en quête d’une vie meilleure, deux jeunes hommes et une jeune fille sortent du désert pour rejoindre la rive opposée de la Méditerranée, supposée être un eldorado. En l’absence du passeur, introuvable, ils passent des heures interminables à se raconter leur vie. Deux personnages font obstacle à leur projet: un garde-frontière et un prêtre traînant un cercueil. Ce prêtre est envoyé là par des villageois désireux de retrouver le corps de leur fils, mort dans l’aventure. À l’évidence, le cercueil est la métaphore des frêles embarcations qui n’arriveront jamais à bon port. › Lire la suite

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Le théâtre de la parole

Dorcy Rugamba

Dorcy Rugamba

Retour sur le spectacle Bloody Niggers, de Dorcy Rugamba, mise en scène de Jacques Delcuvellerie, adaptation de Younouss Diallo.

Par Hortense Atifufu
(10’32”)

(fichier mp3, 10’32”)

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Rencontre avec Luis Marquès

Luis Marquès

Luis Marquès

Metteur en scène, avec Amadou Bourou, de La Geste des étalons, Luis Marquès réside et travaille en Afrique de l’Ouest depuis de nombreuses années. Il revient en détails sur ce spectacle équestre qui met en valeur l’histoire et les traditions sahéliennes…

Interviews réalisées par Issa Coulibaly, Mohamed Lamine Maiga, Hortense Atifufu, Elymane Nykiema et Hamet Ba
Présentation: Bamadou Sanogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(14’48”)

(fichier mp3, 14’48”)

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Un pan de l’histoire sahélienne

Odyssée musicale et chorégraphie équestre, la pièce d’ouverture de la neuvième édition du festival “Théâtre des Réalités” restitue une légende : l’origine des peuples du Sahel…

Par Fatou Kiné Sene

Dans La Geste des Étalons, le metteur en scène Luis Marquès montre de fort belle manière un pan mythique de l’histoire d’une partie de l’Afrique. Le spectacle raconte ainsi la rencontre entre deux peuples: celui du Sud, sédentaire, établi sur les terres rouges et fertile convoitées par ses voisins du Nord. Le premier est gouverné par l’empereur mossi. Le second, par un roi nomade. Sur la berge du fleuve Niger - le “Djoliba” -, treize chevaux, une ânesse et autant de cavaliers content l’histoire.

Le récit plonge le public dans le passé des contrées du Sahel. En quête d’un territoire prospère, loin de la famine et des tempêtes de sable, le roi nomade pénètre un jour sur les terres de l’empereur mossi. S’ensuit un rude combat entre nomades et guerriers mossi. Le champ de bataille est un décor simple: un pré clôturé par une corde. Au bord du fleuve, la scène devient hippodrome, incitant le spectateur à voyager dans l’imaginaire. › Lire la suite

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Quand le cheval investit le théâtre

Luis Marquès (metteur en scène), Alice Zongo (actrice, cavalière), Achille Nikiéma (préparateur des chevaux) et Daniel “Petit” Kaboré (comédien) reviennent sur le spectacle équestre La Geste des Étalons.

Par Hortense Atifufu
(4’50”)

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Un appel à la migration

Par Dieudonné Korolakina
Photos: Frédéric Ilboudo

Le message porté par La Geste des Étalons, le spectacle joué lundi 1er décembre en ouverture du festival présidé par Adama Traoré, fait écho au thème choisi pour cette neuvième édition: “Migrations et Migritudes”. Il faut dire que l’auteur et metteur en scène de cette pièce, Luis Marquès, d’origine franco-espagnole, connaît bien le fait migratoire. D’abord immigré en Côte d’Ivoire où il crée, dans les années 1990, la compagnie Ymako Théâtri, devenue plus tard L’Œil du Cyclone, il s’est ensuite installé au Burkina Faso, où il travaille depuis quelques années. Pour sa pièce, il n’a pas hésité à “faire migrer” les compétences: c’est ainsi que le Français Thierry Perrichet est venu de France pour superviser la conception équestre du spectacle co-écrit par Luis Marquès et Amadou Bourou.

La pièce est toute entière contenue dans son titre: récit fondateur, La Geste des Étalons retrace l’inimitié entre deux peuples, aux portes du Sahel. Elle soulève des questions d’identité, de frontières, et entérine un rêve de paix inconscient. Un roi nomade et guerrier vivait au nord, dans le désert, tandis que sur le sud, fertile et rouge, régnait un grand empereur. Un jour, poussé par la famine et les tempêtes de sable, Narbor, le roi nomade, pénétra sans le savoir sur les terres de l’empereur du sud. Lutte terrible entre deux peuples. Et le moyen de la paix se révèle lorsque Dima, le fils du roi nomade, et Sylla, la fille unique de l’empereur, tombent amoureux l’un de l’autre. › Lire la suite

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Le spectacle de la paix

La Geste des Étalons, une métaphore de la concorde entre les peuples.
Par Mohamed Lamine Maiga
(2’43”)

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