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Désir d’ailleurs

Par Frédéric Ilboudo (texte et photos)

À Bamako, le Festival “Théâtre des Réalités” a choisi pour thème central de sa neuvième édition: “Migrations et migritudes”. Une problématique qui est aussi au cœur du programme d’action de l’Association des expulsés du Mali (AEM). Jeudi 4 décembre, le professeur Harouna Barry, sociologue et conseiller à la présidence de la République du Mali, animait aux Quartiers d’Orange, l’un des centres névralgique du Festival, une conférence intitulée: “Diversité culturelle et migration”. Une occasion de démystifier, à l’intention de la jeune génération, l’illusoire désir d’ailleurs qui lui tient lieu d’horizon.

L'entrée des Quartiers d'Orange, à Bamako

L’Afrique se vide. Chaque jour que Dieu fait, sur leurs pirogues de fortune, ils sont des milliers à se fracasser le nez et à se déchiqueter la peau sur les murs et les barbelés de Ceuta et Melilla. Un phénomène qui, en Afrique de l’Ouest, inquiète.

Que peut-on faire pour interrompre l’hémorragie humaine qui voit le continent africain se vider de ses forces vives, tel un corps de son sang? Et pour ceux qui sont partis, comment vivre en symbiose dans leur pays d’accueil? Est-il possible, là-bas, de ne renier ni ses racines ni sa culture? Prévue comme une conférence, l’intervention d’Harouna Barry a surtout donné lieu à un partage d’expériences, à un échange à bâtons rompus. Durant cette discussion animée, les plus jeunes ont regardé leurs aînés droit dans les yeux. Ces derniers, forts de leur expérience et de leur vécu, leur ont transmis leur savoir. Les échanges ont interrogé le passé, balayé le présent, avant de se projeter dans l’avenir. › Lire la suite

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Chemins d’exil

Par Davy Philippe Koutiangba

Mis en scène par Macodou Mbengue, “Le Clan du Destin”, de la compagnie sénégalaise Les Gueules Tapées, traite de l’émigration vers l’Europe. Une pièce qui fait écho à la thématique choisie pour cette neuvième édition du Festival “Théâtre des réalités”: “Migrations et migritudes”.

“Le Ventre de l'Atlantique”, de Fatou Diome, a servi d'inspiration à la pièce de Macodou Mbengue (© DNA - Bernard Meyer)

Sur un décor imaginaire censé représenter le bord de mer, trois comédiens dont une femme investissent la scène à tour de rôle. Dans l’attente d’un passeur, ces candidats à l’émigration rencontrent un prêtre traînant un cercueil. Tout un village l’a supplié de partir à la recherche du corps d’un de ses fils, disparu après avoir caressé l’espoir de gagner l’autre rive de la Méditerranée. Le prêtre attend que la mer veuille bien rejeter ce corps, parmi tant d’autres qu’elle a engloutis. Il pourra ensuite aller le présenter aux villageois afin que ceux-ci organisent une cérémonie funéraire. › Lire la suite

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Atteindre l’autre rive

Par Dieudonné Korolakina

Dans la pièce “Le Clan du destin”, la compagnie sénégalaise Les Gueules Tapées relate le rêve ubuesque de jeunes aventuriers africains coincés sur une plage, attendant, impuissants, le salut de la traversée.

Mêlée aux brouillards de l’harmattan et du trafic polluant de la fin d’après-midi, la poussière de Bamako se dissipe. Sur la scène des Quartiers d’Orange - petit théâtre très sympathique, sis sur les hauteurs de la capitale malienne, à proximité de la zone industrielle - la compagnie des Gueules Tapées, venue du Sénégal, présente au public du Festival “Théâtre des Réalités” une adaptation de trois textes écrits par Salim Jay, Tahar Benjelloun et Fatou Diome: Tu ne traverseras pas le détroit, La Réclusion solitaire et Le Ventre de l’Atlantique. Ces trois textes portent en eux la force du rêve: atteindre l’autre rive, cet ailleurs inaccessible.

La mise en scène de Macodou Mbengue est plaisante et accessible. La pièce débute dans une obscurité envahissante. On soupçonne des présences humaines. De vagues silhouettes diffusent des éclairs fugaces de lumière, trouant le noir par intermittences. Sur la scène et dans la salle, des personnages émettent comme des cris de détresse. Surgit une mélopée, tandis que deux projecteurs latéraux balaient la scène. › Lire la suite

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La traversée ou la mort

Critique de la pièce Le Clan du destin, de Macodou Mbengue (compagnie Les Gueules tapées), représentée aux quartiers d’Orange, à Bamako, le 3 décembre.

Par Hamet Ba
(2’07”)

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L’improbable traversée de la Méditerranée

Par Tony Kwami Feda
Photos: Dieudonné Korolakina

L’actualité tragique des migrants subsahariens traversant la Méditerranée à n’importe quel prix afin de rejoindre l’Europe a été portée sur la scène, hier soir, aux Quartiers d’Orange de Bamako, dans Le Clan du destin

Scène nue et étendue comme un désert, illustrant la désespérance. Bruits de mer en fond sonore, symbolisant l’envie de prendre le large. Trois jeunes gens, sac en bandoulière, semblant tout droit sortis d’un film de desperados surgissent sur la scène pour mener l’action de leur vie. La scène n’est pas courante, mais les journaux télévisés bruissent, ces derniers temps, des péripéties de ces hordes humaines traversant le Sahara pour braver, au péril de leur vie, les eaux de la Méditerranée.

L’immigration clandestine des jeunes Africains était portée, hier soir 3 décembre, sur la scène des Quartiers d’Orange par la troupe sénégalaise des Gueules Tapées. Le Clan du destin est une pièce écrite et mise en scène par le Sénégalais Macodou Mbengue. Fuyant la misère des pays du Sud en quête d’une vie meilleure, deux jeunes hommes et une jeune fille sortent du désert pour rejoindre la rive opposée de la Méditerranée, supposée être un eldorado. En l’absence du passeur, introuvable, ils passent des heures interminables à se raconter leur vie. Deux personnages font obstacle à leur projet: un garde-frontière et un prêtre traînant un cercueil. Ce prêtre est envoyé là par des villageois désireux de retrouver le corps de leur fils, mort dans l’aventure. À l’évidence, le cercueil est la métaphore des frêles embarcations qui n’arriveront jamais à bon port. › Lire la suite

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Neuvième édition du Festival “Théâtre des Réalités” 2008

Né pour combler l’incroyable déficit de l’absence de création théâtrale sur le territoire malien, le Festival du Théâtre des Réalités présente, depuis l’édition de 1998, un minimum de deux créations par biennale.

Il est maintenant possible grâce au festival de bénéficier de plus de dix spectacles par édition! Auparavant, la scène bamakoise ne nous offrait pas plus de deux pièces de théâtre dans l’espace de deux ans.

De plus, le festival permet de découvrir des talents de notre pays par le biais des ateliers d’écriture qui y sont proposés. D’ailleurs, cette année trois textes proviennent des auteurs ayant été formés par le festival.

Loin d’être réservé à une élite, le festival sera présenté gratuitement sur des scènes extérieures afin de rejoindre le plus large et varié public possible. (…)

Par Adama Traoré, directeur du Festival ”Théâtre des Réalités” (31 octobre 2008).

(Lire la suite sur le site Bamako-Culture.)

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