patrick janvier

Un festival dans les nuages

C’est par une parade que l’édition 2012 des Récréâtrales a été lancée officiellement vendredi 2 novembre à Ouagadougou, la capitale burkinabè. À l’occasion de cette 7e édition, le quartier Gounghin Nord, où est érigé le village du festival, a vibré aux rythmes des fanfares qui ont accompagné la procession inaugurale d’un évènement riche en couleurs, où un travail scénographique original suggère l’envol des éléments terrestres vers les cieux.

Vendredi 2 novembre 2012 en fin d’après-midi, la chaleur suffocante qui enveloppe Ouaga commence à s’estomper. Une parade marque l’ouverture officielle de la plateforme festival de la 7e édition des Récréâtrales. Une folle ambiance, rythmée par le vrombissement des vélomoteurs, règne à Bougsemtenga, le fief de la fédération du Cartel, organisatrice de l’événement.

À peine franchi le seuil du village du festival, une représentation scénographique étonnante, concoctée abattue par l’équipe de Patrick Janvier, de l’Académie régionale des arts scénographiques, nous plonge dans un univers céleste. Une équipe d’une quarantaine de scénographes a travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs semaines pour suspendre divers éléments terrestres au-dessus des têtes des festivaliers.

Sur la route poussiéreuse en latérite qui dessert les différents lieux de représentations, des tubes de fer ronds couverts de tissus de différentes couleurs s’élancent vers le ciel. Ils abritent des lampes qui diffuseront une lumière soigneusement tamisée à la tombée de la nuit. À l’une des deux entrée du village, près du complexe scolaire Saint-Pierre de Kouka, des fenêtres en bois sont suspendues en l’air, accrochées à des cordes qui traversent la rue déjà en parade. Ce sont les répliques des vraies fenêtres de l’établissement. Un collège d’étude et de recherche a longuement concocté ce théâtre en mouvement, voué à « occuper l’espace» et à « dessiner des circulations ».

Un peu plus loin, avant d’arriver au premier carrefour à l’intérieur du village, des poissons, des oiseaux et des papillons en carton, mais aussi des pendrions, des perches ou des gradins sont suspendus à d’autres cordes. Au carrefour, une réplique de bateau fabriqué avec des tôles et une carcasse de voiture vient compléter le dispositif scénographique.

Au loin, sur la terre ferme, le son des fanfares se fait entendre. Les enfants trépignent et sautent de joie. Deux fanfares, l’une civile, l’autre militaire, rythment la procession des « Grands Hommes » de Boromo (une ville située à près de 200 km de Ougadougou). Il s’agit d’imposantes marionnettes habillées en vieillots, habitées par des manipulateurs qui éprouvent quelques difficultés à se mouvoir dans le fatras de cordes suspendues au-dessus de la rue. Des enfants cavaliers les suivent, ainsi que des motocyclistes qui soulèvent sur leur passage un épais nuage de poussière.

Le public exulte. La nuit commence tombe brutalement, et avec elle le village semble se métamorphoser. Le dispositif scénographique, dans la pénombre, se renouvelle et laisse apparaître différents jeux de lumières. L’ambiance est conviviale et festive. Venus de tous horizons, les festivaliers sirotent sodas et bières autour d’une assiette de brochettes. Entre deux espaces de représentation, les maquis débordent de monde. À La Cour des Miracles, à la Cave Couraogo, Chez Nabiga, passionnés de théâtre et habitants du quartier partagent boissons et « mangement » en attendant l’heure du concert inaugural, où le rappeur Smokey doit enflammer la rue.

Le village du festival est comme suspendu entre ciel et terre et dans l’air, dans une ambiance riche en sons, en lumières et en couleurs.

Mamadou FAYE

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Récréâtrales 2010: des festivaliers conquis

Par Kpénahi Traoré

Transporter le théâtre au sein des familles, faire du village du festival un vaste chantier scénographique… Ce sont les deux principales innovations qui ont attiré l’attention des festivaliers à l’occasion des Récréâtrales 2010.

Dieudonné Niangouna, comédien et metteur en scène

J’ai trouvé l’organisation de ces Récréatrales très intéressante, avec une très forte administration. Au niveau du public, le résultat est incroyable. Et le fait qu’on ait localisé le festival dans un quartier populaire permet de rendre accessibles l’art, la culture, et notamment le théâtre et ses composants. On a l’habitude de dire que tout le monde à le droit à la culture, mais en réalité ce droit n’est jamais assez appliqué. Les Récréâtrales 2010 sont une belle illustration de cette devise. Par rapport à cela, je trouve que c’est une vraie réussite. Concernant les créations théâtrales, elles ont été d’une force assez intéressante dans leur majorité. Mais il y en a d’autres qu’il faut retravailler. N’oublions pas que c’est un festival de théâtre, donc la primeur sera d’abord faite aux œuvres d’excellence. › Lire la suite

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Le Festival “Théâtre des Réalités” à l’heure du bilan

Par David Sanon
Photos: Frédéric Ilboudo

“La Geste des Étalons”

Lundi 1er décembre 2008 à 20h30, les projecteurs du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR) s’allumaient sur la berge du fleuve Niger, à Bamako. C’est dans ce décor majestueux qu’une douzaine de cavaliers allaient offrir un formidable ballet aux nombreux spectateurs ainsi qu’aux curieux qui avaient préféré le contempler depuis le pont des Martyrs. Venu du Burkina Faso, remarquablement mis en scène par Luis Marquès et Amadou Bourou, le spectacle équestre La Geste des Étalons marquait la soirée inaugurale de la 9e édition du Festival “Théâtre des Réalités”.

Pendant une semaine, huit sites maliens allaient vibrer au rythme du Festival. Innovant à chaque édition depuis qu’il l’a initié en 1996, Adama Traoré a par ailleurs favorisé cette année une décentralisation, voire une internationalisation, du FTR. En plus des huit villes du Mali choisies pour y représenter les pièces, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi que Dakar, Kaolack, Tambacounda et Thiès, au Sénégal, ont aussi accueilli certains des spectacles dans le cadre de la Caravane des Réalités. L’ambition poursuivie par Adama Traoré est de promouvoir ainsi le théâtre auprès des populations de la sous-région. Les créations qui ont suivi ce circuit par la route ont pu ainsi être vues par un grand nombre d’Africains. › Lire la suite

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Rencontre avec Adama Traoré

À la veille de la clôture de la neuvième édition du Festival “Théâtre des Réalités”, CulturAfrique a reçu le fondateur de ce rendez-vous désormais biennal. Homme de théâtre, citoyen engagé, le Malien Adama Traoré ne s’embarrasse pas de langue de bois: aux côtés du comédien et metteur en scène burkinabè Ildevert Méda, lors d’une émission de radio enregistrée samedi 6 décembre dans les conditions du direct, il tire le bilan de ce festival inauguré en 1996, évoque les difficultés rencontrées pour faire financer les spectacles culturels en Afrique, analyse combien le rôle des médias est important pour permettre aux créateurs africains de trouver leur public…

Émission animée par Hortense Atifufu
Réalisation: Mohamed Lamine Sawadogo
(72’15”)

Emission_Traore_Meda.mp3

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