récréatrales

Pendant le festival, les affaires continuent

Outre leur dimension artistique, les Récréâtrales génèrent aussi des retombées financières appréciables. Pour cette septième édition, artistes et opérateurs économiques se frottent les mains.

Issa Nacanabo, le directeur général de l’hôtel Avenir, à Gounghin (Ouagadougou), ne cache pas sa joie. La tenue de la 7e édition des Récréâtrales constitue pour lui une véritable aubaine. Depuis la fin du mois d’octobre, les clients ne cessent d’affluer vers son hôtel, situé non loin du village du festival. “Les Récréâtrales nous apportent beaucoup de bonnes choses. L’hôtel a accueilli de nombreux clients. La restauration marche et le bar vend bien.”

D’autres hôtels et auberges de la capitale burkinabè ont assisté à une augmentation conséquente de leur fréquentation à la faveur de la tenue des Recréâtrales, mais aussi du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, qui a pris fin le 4 novembre. Selon Étienne Minoungou, le directeur du festival, la fréquentation quotidienne des Recréâtrales tourne autour de 2 000 à 3 000 festivaliers. Ce petit monde composé de nationaux, d’expatriés et de professionnels venus d’Afrique ou d’Europe constitue une source potentielle de recettes. “Un vivier économique” qui permet à la population, comme le résume Étienne Minoungou, de “capter des opportunités”.

Dans la restauration, le constat est identique. “On gagne un peu vraiment, témoigne Virginie Kaboré, qui gère un maquis dans le village du festival. Les gens viennent manger ici, c’est une bonne chose pour nous.” Selon elle, la 7e édition des Récréâtrales est plus intéressante que la précédente, en 2010. “On sent une nette amélioration sur le plan commercial”, constate-t-elle. Philibert Dayana, restaurateur spécialisé dans la vente de viande de porc, affirme réaliser 100% de bénéfice. Pendant le festival, il vend près d’une dizaine de porcs par jour, un rendement sans commune mesure avec le reste de l’année. Grâce aux bénéfices qu’il engrange chaque soir, il envisage même d’ouvrir une nouvelle boutique de grillade de poulets dans une autre partie de la ville. Étienne Kaboré, un jeune tailleur burkinabè, se montre lui aussi satisfait. “Ce festival est une bonne chose. Il nous permet de faire connaître nos produits par les étrangers de passage. Notre savoir-faire peut ainsi s’exporter.”

Financé grâce à divers partenaires, le budget des Récréâtrales tourne autour de 150 millions de FCFA, selon des sources proches du comité d’organisation. Selon Étienne Minoungou, tout le monde en sort gagnant : “Les compagnies repartent avec leurs spectacles en tournée, les populations locales font des recettes, les professionnels reçoivent salaire et per diem, les techniciens captent des opportunités professionnelles. Au total, nous avons signé près de 800 contrats avec divers opérateurs économiques. C’est de l’argent qui est versé sur-le-champ pour permettre à ces gens de vivre normalement.”

Mamadou Faye

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“Un homme de culture ne peut pas mourir”

Parrain à titre posthume de la 7e édition des Récréâtrales , Jean-Pierre Guingané, le baobab de la culture burkinabè, se dresse au milieu du festival.

À l’état-civil, il est décédé en 2011. Mais dans le coeur des gens de théâtre, il est toujours vivant. Dans le cadre des 7e Récréâtrales, son ombre plane à chaque coin de rue. Son visage apparaît sur l’affiche officielle. Une journée spéciale lui est dédiée. Et l’une de ses pièces, La Danseuse de l’eau, est représentée. “Jean Pierre Guingané est encore parmi nous, car un homme de culture ne peut pas mourir”, témoigne le Burkinabè Issa Sinaré, de la compagnie Marbayassa. Assis à la buvette du Cartel, le siège du Festival, M. Sinar, chargé des relations avec le quartier, est lui aussi convaincu qu’un homme de culture est immortel. “ Durant ce festival, le nom, l’image et les écrits de Jean-Pierre Guingané circulent, témoignant de sa présence. ”

Ce professeur d’art dramatique a formé la plupart des responsables du Cartel, la structure organisatrice du festival. Il a créé la troupe du Théâtre de la Fraternité, ainsi que le Centre de formation et de recherche en arts vivants (Cefrav). Il est encore l’initiateur du Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (Fitmo). Son curriculum vitæ résonne comme une ode aux arts de la scène.

Sur l’affiche placardée à l’entrée comme à la sortie du village, son regard oblique et serein semble veiller sur le festival. Pour le metteur en scène et comédien Athanase Kabré, par ailleurs chef du quartier où se tient le festival, le professeur Guingané, chantre de la culture burkinabé et pionnier du renouveau théâtral au Pays des hommes intègres, est bel et bien présent lors de cette manifestation culturelle. “Il est encore là. Il nous accompagne, il nous parle et nous guide toujours”, confie cet homme de culture, lui-même formé à son l’école.

Du point de vue de la programmation, la présentation de sa pièce La Danseuse de l’eau, chez les Nikiéma, perpétue son oeuvre. Sur le plan de la réflexion, la journée d’hommage qui lui est dédiée est l’occasion d’un colloque intitulé “État des lieux du théâtre au Burkina”, qui se tiendra mardi 6 novembre à l’Espace culturel Gambidi, qu’il avait créé. Par ses oeuvres, ses créations, ses initiatives ou ses enseignements, l’éclaireur Jean-Pierre Guingané a balisé le chemin du développement de la culture au Burkina. Pour le metteur en scène Dani Kouyaté, “Guingané a su se battre à mort pour rester en vie dans cet immense champ de bataille que sont l’art et la culture, où il a fertilisé les chantiers futurs”.

Ousmane Mbengue

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Un festival dans les nuages

C’est par une parade que l’édition 2012 des Récréâtrales a été lancée officiellement vendredi 2 novembre à Ouagadougou, la capitale burkinabè. À l’occasion de cette 7e édition, le quartier Gounghin Nord, où est érigé le village du festival, a vibré aux rythmes des fanfares qui ont accompagné la procession inaugurale d’un évènement riche en couleurs, où un travail scénographique original suggère l’envol des éléments terrestres vers les cieux.

Vendredi 2 novembre 2012 en fin d’après-midi, la chaleur suffocante qui enveloppe Ouaga commence à s’estomper. Une parade marque l’ouverture officielle de la plateforme festival de la 7e édition des Récréâtrales. Une folle ambiance, rythmée par le vrombissement des vélomoteurs, règne à Bougsemtenga, le fief de la fédération du Cartel, organisatrice de l’événement.

À peine franchi le seuil du village du festival, une représentation scénographique étonnante, concoctée abattue par l’équipe de Patrick Janvier, de l’Académie régionale des arts scénographiques, nous plonge dans un univers céleste. Une équipe d’une quarantaine de scénographes a travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs semaines pour suspendre divers éléments terrestres au-dessus des têtes des festivaliers.

Sur la route poussiéreuse en latérite qui dessert les différents lieux de représentations, des tubes de fer ronds couverts de tissus de différentes couleurs s’élancent vers le ciel. Ils abritent des lampes qui diffuseront une lumière soigneusement tamisée à la tombée de la nuit. À l’une des deux entrée du village, près du complexe scolaire Saint-Pierre de Kouka, des fenêtres en bois sont suspendues en l’air, accrochées à des cordes qui traversent la rue déjà en parade. Ce sont les répliques des vraies fenêtres de l’établissement. Un collège d’étude et de recherche a longuement concocté ce théâtre en mouvement, voué à « occuper l’espace» et à « dessiner des circulations ».

Un peu plus loin, avant d’arriver au premier carrefour à l’intérieur du village, des poissons, des oiseaux et des papillons en carton, mais aussi des pendrions, des perches ou des gradins sont suspendus à d’autres cordes. Au carrefour, une réplique de bateau fabriqué avec des tôles et une carcasse de voiture vient compléter le dispositif scénographique.

Au loin, sur la terre ferme, le son des fanfares se fait entendre. Les enfants trépignent et sautent de joie. Deux fanfares, l’une civile, l’autre militaire, rythment la procession des « Grands Hommes » de Boromo (une ville située à près de 200 km de Ougadougou). Il s’agit d’imposantes marionnettes habillées en vieillots, habitées par des manipulateurs qui éprouvent quelques difficultés à se mouvoir dans le fatras de cordes suspendues au-dessus de la rue. Des enfants cavaliers les suivent, ainsi que des motocyclistes qui soulèvent sur leur passage un épais nuage de poussière.

Le public exulte. La nuit commence tombe brutalement, et avec elle le village semble se métamorphoser. Le dispositif scénographique, dans la pénombre, se renouvelle et laisse apparaître différents jeux de lumières. L’ambiance est conviviale et festive. Venus de tous horizons, les festivaliers sirotent sodas et bières autour d’une assiette de brochettes. Entre deux espaces de représentation, les maquis débordent de monde. À La Cour des Miracles, à la Cave Couraogo, Chez Nabiga, passionnés de théâtre et habitants du quartier partagent boissons et « mangement » en attendant l’heure du concert inaugural, où le rappeur Smokey doit enflammer la rue.

Le village du festival est comme suspendu entre ciel et terre et dans l’air, dans une ambiance riche en sons, en lumières et en couleurs.

Mamadou FAYE

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Récréâtrales 2012: ramener le théâtre à sa base

Événement artistique d’envergure internationale, les Récréâtrales ont démarré ce vendredi 2 novembre 2012 dans une rue du quartier Gounghin Nord, à Ouagadougou. Pour ses organisateurs, cette manifestation innovante est porteuse d’une vision : ramener le théâtre à sa base, à sa dimension originelle d’espace de discussion sociale. C’est ainsi que cinq cours familiales accueillent les spectacles programmés…

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale...

Une scène des Récréâtrales 2012, installée dans une concession familiale…

L’édition 2012 des Récréâtrales investit les familles. Dans le quartier Gounghin, les espaces de vie des familles Bazié, Nadembéga, Nombré et Zaré, Bationo et Nikiéma se transforment en lieu de représentation des spectacles programmés. Dans la rue où est basée la fédération du Cartel, à l’origine des Récréâtrales, les cours des concessions occupées par ces familles ont été aménagées en salles de théâtre pouvant accueillir entre 150 et 300 spectateurs.

« La motivation première c’est que nous avons besoin de ce peuple là pour consommer ce que nous produisons, afin que nous puissions en vivre, précise le metteur en scène Ildevert Méda, l’un des initiateurs de cet événement. Il s’agit de conquérir notre premier public : celui qui vit avec nous, qui nous connaît et que nous connaissons. Ensuite, le public du quartier, de la ville et du pays. » Pour formaliser ce dispositif, les organisateurs et les populations ont mis en place des comités de quartier. Bruno Bazié se réjouit d’apporter sa contribution à ce concept original : « Je fais partie de ceux qui ont été sollicités lors de l’édition précédente. Cela nous permet de participer et de nous impliquer activement ».

Cette participation des populations est-elle bénévole ou fait-elle l’objet de subsides ? « Nous nous familiarisons avec le théâtre à travers les échanges, le partage, la solidarité et la communion avec d’autres personnes, et je puis vous affirmer que nous n’avons rien demandé en contrepartie, assure le sergent-chef Bationo, dont la concession abrite la pièce Al Mustapha. Nous sommes tous dans une dynamique de promotion du théâtre au Burkina Faso ! » M. Nazé Nikéma, dont la famille héberge le spectacle La Danseuse de l’eau, abonde dans le même sens. « Nous n’avons rien demandé en contrepartie car nous estimons tous que nous avons un devoir citoyen. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas à mettre la cour de ma concession à la disposition des Récréâtrales. » Une adhésion partagée par les trois autres familles impliquées : « C’est une bonne chose que le festival vienne à nous. C’est une démarche originale. »

Cette approche, si elle se généralisait, serait-elle susceptible de contribuer à la promotion du théâtre à l’échelle sous-régionale ? Pour le comédien malien Lamine Diarra, c’est une évidence : « La question fondamentale du théâtre, c’est le public. Et dans nos pays, le théâtre est circonscrit aux Instituts français, avec des implications financières qui le tiennent à l’écart les populations. Celles-ci ont du mal à débourser le prix du billet dans une situation de crise récurrente. On ne peut pas continuer d’imiter le théâtre occidental. Nous nous devons d’exceller dans une forme de théâtre qui se monte et se démonte partout. Moi je suis convaincu de la portée positive de cette démarche en Afrique. »

Youssoufou Diallo

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« La Danseuse de l’eau »

Quand danse, musique et théâtre se conjuguent

Créée en hommage à Jean-Pierre Guingané par les Productions Falinga, « La danseuse de l’eau » a été joué vendredi 2 novembre chez les Nikiema, dans le cadre des Récréâtrales 2012. Mise en scène par Abidine Dioari, cette pièce hybride, intègre la danse et la musique…

Ce vendredi soir, la cour des Nikiema est le cadre d’une représentation théâtrale particulière. Partie intégrante de la scène, un orchestre de cinq musiciens, installé côté jardin, égrène ses notes de musique bien avant le début de la représentation. Lorsque Mahamoudou Tindano et Paul Zoungrana, les deux comédiens, font leur entrée, la musique s’interrompt. Elle reprendra quelques minutes plus tard, accompagnée cette fois des pas cadencés des comédiens. Musique, danse et théâtre alterneront ainsi pendant une heure. Les spectateurs semblent apprécier cette formule hybride, à l’instar d’Angela, uns spectatrice ouagalaise pour qui l’histoire du petit Kira est rendue plus accessible par cette combinaison des genres.

Préoccupé par le manque d’eau potable dans toutes les régions du monde alors que, d’après sa maîtresse, les 9/10e de la planète sont recouverts d’eau, le jeune garçon se tourne vers sa grand-mère, N’Gandou, pour comprendre. Cette dernière lui raconte alors son histoire. Jadis, dans sa jeunesse, elle était Kobrani, danseuse de l’eau et princesse des Mers. De sa vie de princesse en quête de couronnement jusqu’à sa déchéance puis à son éloignement du royaume des Mers, en passant par ses deux triomphes au concours de danse dans le village riverain, N’Gandou explique à son petit-fils, au travers de danses et de chants rituels, que le manque d’eau est dû à cet éloignement.

Mission accomplie mais…

« J’ai eu cette idée de combiner ces trois différents genres artistiques car selon moi, c’était la seule façon de capter l’attention des spectateurs. Surtout quand on sait la place qu’occupent la musique et la danse dans leur quotidien », explique Abidine Dioari. Pour le metteur en scène burkinabè, au-delà de leur caractère esthétique, les différentes séquences musicales sont porteuses d’une certaine pédagogie. Elles participent du déroulement de la scène théâtrale, d’autant que des messages sont adressés à travers ces inserts. « La musique et la danse intégrées au théâtre ne sont pas des séquences isolées », estime-t-il.

Il n’en demeure pas moins que l’intégration de plus en plus systématique de la musique dans les pièces de théâtre suscite quelque inquiétude parmi les acteurs culturels burkinabès, qui jugent ce processus excessif. Pour les détracteurs de cette tendance, le texte théâtral en lui-même, doté d’un rythme propre, constitue déjà une musique. Ce rythme, il revient au metteur en scène de le partager avec le public. « Intégrer de la musique dans le théâtre est une bonne idée si cela permet de rendre le texte accessible, estime un metteur en scène présent aux Récréâtrales. Mais il ne faudrait pas que ce recours devienne une solution de facilité pour les metteurs en scène en panne d’inspiration. Sinon, d’ici quelques années, on risque de ne plus avoir de mise en scène professionnelle ».

Eustache Agboton

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Théâtre chez l’habitant

Entretien avec Étienne Minoungou, directeur des Récréâtrales

C’est l’une des singularités notables des Récréâtrales, le festival de théâtre qui se tient tous les deux ans à Ouagadougou. La majeure partie des représentations artistiques s’y fait loin des salles de théâtre conventionnelles, chez les habitants du quartier Bougsemtenga, à Gounghin Nord. Dans le cadre de ce festival atypique, les familles Nikiéma, Nombré, Zaré, Bourou et Bationo accueillent les spectacles dans la cour de leur maison. Directeur général des Récréâtrales, Étienne Minoungou y voit « une manière de restituer le théâtre aux populations ».

Étienne Minoungou, comment en êtes-vous arrivé à donner certaines représentations chez les habitants du quartier de Bougsemtenga?

Le Festival s’est installé dans ce quartier en douceur, de manière progressive, dans la concertation et l’adhésion la plus totale. Nous avons trouvé des populations très ouvertes et très intéressées par la chose théâtrale. Pour autant, l’ancrage des Récréâtrales dans ce quartier s’est fait dans un cadre formel de dialogue et de concertation entre les promoteurs que nous sommes et les représentants des différentes composantes de la population. Ce cadre, c’est le comité de quartier, dont la mission est de décliner un certain nombre de propositions et d’orientations pour l’enracinement des activités à Bougsemtenga. Les responsabilités mutuelles sont définies de part et d’autre et nous entretenons des relations de confiance avec la population du quartier. Nous avons travaillé pendant plus de six ans pour y installer le festival et toutes les forces vives se sont impliquées activement à nos côtés. Il y a une véritable adhésion des populations à ce que nous faisons. On constate une belle symbiose, une parfaite communion entre la vie des habitants et le projet artistique, parce que c’est ça, la culture. Dans les maisons où se déroule le festival, les femmes, les enfants, les adultes, tous vaquent à leurs occupations. Certains sont tranquillement assis, d’autres poursuivent leurs activités domestiques sans aucune contrainte…

Pourquoi avoir choisi de transformer des espaces de vie en espaces de représentation plutôt que de jouer ces spectacles dans des salles traditionnelles ?

Le théâtre fait partie du débat social. Dès l’origine, il est constitutif de l’espace démocratique. Autrement dit, il appartient au peuple et il constitue un miroir de la société. C’est pourquoi nous devons ramener le théâtre à sa base et à son lieu originel. En tant qu’espace de discussion sociale, nous ne devons pas le confisquer pour l’enfermer dans une affaire réservée aux artistes, aux spécialistes et aux intellectuels. Dérouler les spectacles dans les espaces de vie est justement une manière pour nous de restituer le théâtre aux populations. En nous installant dans ce quartier de Ouaga, nous restons en contact avec les populations, investissant ces espaces intimes pour en faire des espaces publics, des espaces de discussion sociale.

Aujourd’hui, les populations du quartier adhèrent à notre démarche et s’approprient le festival. Elles nous ouvrent les portes de leur maison avec respect, disponibilité et confiance, acceptant de nous confier une grande partie de leur intimité. Vous pouvez constater par vous-même cette mobilisation exceptionnelle qui traduit leur adhésion.

Dans ces espaces de vie transformés en lieux de théâtre, est-ce que le spectacle ne prend pas le risque de perdre sa spécificité ?

Bien au contraire ! Ces spectacles y puisent une forme d’originalité. Les spectacles joués sur des scènes conventionnelles ont la même valeur que ceux qui sont joués là, dans ces espaces de vie. Le théâtre, c’est un public et des comédiens ; il peut se jouer partout. Comme vous allez le découvrir, nous avons aménagé ces maisons en y installant le matériel nécessaire, avec l’implication et le soutien effectif des populations.

Propos recueillis par Ousmane Mbengue

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Les Récréâtrales 2012 - C’est parti !

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“Fatma”, seule comme quinze

Par Médard Gandonou

Elle a beau avoir fait le tour de l’Afrique, la pièce théâtrale Fatma, tirée de l’œuvre du dramaturge M’Hamed Benguettaf, suscite toujours l’intérêt du public, comme on a pu le constater aux Récréâtrales 2010, à Ouagadougou. La qualité de la prestation de Diariétou Keïta, l’unique comédienne de ce monologue mis en scène par Christophe Merle, y est pour beaucoup…

Incarner, seule sur scène, une quinzaine de personnages, tel est le tour de force que réussit la comédienne sénégalaise Diariétou Keïta, dans Fatma. Ce vendredi 5 novembre, à l’Espace Feeren, à Ouagadougou, la standing-ovation du public ne laissait pas planer le moindre doute sur l’époustouflante prestation de Diariétou Keïta, qui est parvenue à établir une communication émotionnelle avec le public des Récréâtrales, qui s’est laissé totalement emporter par son récit.

Dans cette pièce, Fatma ressasse les souvenirs d’un rêve inassouvi. Sur sa terrasse, elle rompt la douleur, longtemps intériorisée, de son espoir déçu d’une vie meilleure. Tout en se remémorant ce souvenir mortifère, elle revisite les tares de la société africaine. La condition de la femme, le regard porté par la société sur le célibat, la précarité des conditions de travail, la supériorité sociale de la classe politique, la perte des valeurs sociales, la fratrie en déconfiture… › Lire la suite

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Ouematou, l’homme-théâtre de Ouaga

Par Gilles Arsène Tchedji

Son portrait est gravé sur l’affiche des Recréâtrales 2010. S’il ne se produit pas sur les planches du festival ouagalais, Ouematou Alamyona est en lui-même un personnage de théâtre…

Au Burkina Faso, la campagne électorale présidentielle bat son plein. Et pourtant, sur les murs de la capitale, Ouagadougou, les affiches assurant la promotion de la plateforme festival des Recreâtrales semblent avoir pris le pas sur celles des différents candidats en lice. Dessus, un personnage atypique aiguise la curiosité et capte l’attention. L’air farceur, équipé de lunettes noires, de larges bretelles et d’une cravate kilométrique qui lui descend jusqu’aux genoux, il tient une canne massive à la main gauche et semble entamer un étrange pas de danse.

Dans la rue du Cartel, au soir de l’ouverture des Recréâtrales, un homme qui lui ressemble étrangement est assis à une table du maquis La Cour des miracles. Coiffé cette fois d’un chapeau à rayures aussi original que le reste de son accoutrement, il tient à la main sa surprenante canne, ornée et colorée. Autour de son cou, nouée sans grand soin, sa cravate démesurée nous confirme qu’il s’agit bien du curieux personnage de l’affiche des Récréâtrales. › Lire la suite

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Récréâtrales 2010: des festivaliers conquis

Par Kpénahi Traoré

Transporter le théâtre au sein des familles, faire du village du festival un vaste chantier scénographique… Ce sont les deux principales innovations qui ont attiré l’attention des festivaliers à l’occasion des Récréâtrales 2010.

Dieudonné Niangouna, comédien et metteur en scène

J’ai trouvé l’organisation de ces Récréatrales très intéressante, avec une très forte administration. Au niveau du public, le résultat est incroyable. Et le fait qu’on ait localisé le festival dans un quartier populaire permet de rendre accessibles l’art, la culture, et notamment le théâtre et ses composants. On a l’habitude de dire que tout le monde à le droit à la culture, mais en réalité ce droit n’est jamais assez appliqué. Les Récréâtrales 2010 sont une belle illustration de cette devise. Par rapport à cela, je trouve que c’est une vraie réussite. Concernant les créations théâtrales, elles ont été d’une force assez intéressante dans leur majorité. Mais il y en a d’autres qu’il faut retravailler. N’oublions pas que c’est un festival de théâtre, donc la primeur sera d’abord faite aux œuvres d’excellence. › Lire la suite

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Patrick Joseph expérimente “Incessants”

Par Christian Koné

La compagnie haïtienne Theatron, invitée pour la première fois aux Récréâtrales 2010, présentait “Incessants”, une tragédie écrite par Guy-Junior Régis, mise en scène par Patrick Joseph et interprétée par Iramène Destin…

Le spectateur qui prend place à l’Inafac pour la représentation d’Incessant est tout de suite frappé par la scénographie. Surpris par le décor, fait de vieilles planches de bois disposées de manière désordonnée, comme les débris d’une maison en bois après un séisme. Au milieu, un “jeune homme” au regard vide. Pensif, souffrant, il est sur un lit d’hôpital et tient à dérouler le fil de sa vie, pour lui-même. Car dans son interprétation, Iramène Destin oublie le public. La comédienne installe ce qu’on appelle “le quatrième mur” entre la scène et le public, comme si elle était seule et que le public n’existait pas. Mais ses pensées sont extériorisées. On apprendra que le jeune homme est accusé de meurtre, qu’il tente de quitter son île (Haïti?) clandestinement par la mer, en direction des États-Unis voisins. Pas de chance: il sera pris puis incarcéré à Guantanamo. En tentant de s’enfuir, il se fait tirer dessus. Il finira par être extradé vers son pays. Malade, sur son lit d’hôpital, il fait le récit de sa triste vie dans cet univers de planches désordonnées, comme son parcours. › Lire la suite

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“Salina”, pièce posthume de Sotigui Kouyaté

Dimanche 7 novembre 2010, le Centre culturel français de Ouagadougou abritait le spectacle Salina, de Laurent Gaudé, mis en scène par Esther Siraba Kouyaté. Une pièce initiée par Sotigui Kouyaté, décédé en avril, à laquelle sa veuve a tenu à donner vie lors des Récréâtrales, comme un hommage posthume…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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Entretien avec Daniel Marcelin, dramaturge et comédien haïtien

Propos recueillis à Ouagadougou par Gilles Arsène Tchedji

Le dramaturge et comédien haïtien Daniel Marcelin présentera sa pièce Ayiti lors du prochain Fesman, qui se tiendra du 10 au 30 décembre prochain à Dakar. Dans cet entretien à bâtons rompus, il revient sur le sens de sa participation à ce festival, magnifie le geste d’ouverture du Sénégal, qui a accueilli de jeunes étudiants haïtiens, et dénonce la responsabilité des dirigeants haïtiens dans les malheurs qui s’abattent sur la “perle des Antilles”…

Votre dernière pièce théâtrale, Ayiti, qui a été bien accueillie en Europe, est très attendue lors du prochain Festival mondial des arts nègres, à Dakar. Pouvez-vous nous en donner un avant-goût?

Cette pièce raconte l’histoire d’Haïti à travers le récit d’un Haïtien qui se retrouve bloqué dans un aéroport et qui fait défiler, à travers les gens qui passent, toute l’histoire de son pays. Il s’interroge notamment sur les raisons qui font qu’Haïti, première République noire au monde, soit aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde. Comment se fait-il qu’Haïti, qu’on appelait au XIXe siècle “la perle des Antilles”, soit devenu l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Et en se posant cette série de questions, notre homme se retourne sur le passé de son île pour situer d’où vient le problème: le blocage d’Haïti… › Lire la suite

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Jacques Deck, une vie dédiée à la culture

Par Christian Koné

Lors des Récréâtrales 2010, les festivaliers ont forcément croisé le regard de cet Européen corpulent aux cheveux blanc, la soixantaine bien sonnée, lunettes vissées sur les yeux. Comme si il avait le don d’ubiquité, le Belge Jacques Deck est en effet omniprésent sur le site, accueillant les spectateurs à la porte de chaque salle de spectacle ou presque, du CDC au CCF en passant par la rue piétonne du village du festival. Cet amoureux du théâtre est le bras droit d’Étienne Minoungou, le promoteur de la plus grande  manifestation théâtrale du Burkina.

Jacques Deck est lié depuis de nombreuses années au spectacle vivant. Ce fils de militaire, dernier d’une fratrie de six enfants, a débuté comme instituteur avant d’être amené à s’occuper du bar dans un petit théâtre expérimental. Du comptoir, il passe à la régie, et sa carrière dans le monde des planches se fait plus sérieuse.

Il crée ensuite le Centre dramatique de Liège, avec lequel il expérimentera le théâtre-action, surfant sur la vague de la révolution de mai 68. Imprégné des idées socialistes, Jacques Deck contribue à la création de pièces aux titres évocateurs: Ainsi va le monde, il ne va pas bien, Une jeunesse que l’avenir inquiète, Étranger, qui es-tu (une pièce sur l’immigration visant à dénoncer le racisme de ses compatriotes)… › Lire la suite

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Artistes et intellectuels, l’union sacrée

Par Kpénahi Traoré

Le 3e Forum des artistes et des intellectuels se tenait mercredi 10 novembre 2010 à Ouagadougou, en marge des Récréâtrales. Deux panels ont animé cette rencontre réunissant les acteurs du monde culturel et intellectuel. Co-organisé par le Mouvement des artistes et des intellectuels du Burkina et la Coalition africaine pour la culture, ce forum avait pour thème “Les conditions de la création culturelle et la question de la transmission en Afrique”.

L’artiste est perpétuellement à la recherche d’inspiration pour donner corps à sa créativité et faire naître de son imagination les idées les plus “folles” dans la création artistique. Comme l’artiste, l’intellectuel mène une réflexion permanente qu’on pourrait considérer comme une forme de création. “Ce qui réunit les intellectuels et les artistes, c’est la faculté de créativité”, confirme Étienne Minoungou, directeur des Récréâtrales. Ce point de rencontre entre artistes et intellectuels a conduit les uns et les autres à unir leurs forces pour mener des initiatives communes et décider de leur devenir. › Lire la suite

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Leila Toubel, la grande voix de l’Apocalypse

Par Gilles Arsène Tchedji

Auteure, actrice, comédienne et dramaturge, Leila Toubel est l’une des grandes figures du théâtre tunisien. Son dernier texte, The End, mis en scène par son compatriote Ezzeddine Gannoun, témoigne une fois encore de la grandeur de son talent. Portrait d’une femme vouée au théâtre et d’une plume engagée.

Leila Toubel est l’auteur de la pièce de théâtre The End, qui a été présentée au public ouagalais vendredi 5 novembre à l’occasion des Récréâtrales 2010. “J’ai commencé très jeune à faire ce métier, raconte cette comédienne aussi singulière que son écriture. À 13 ans, je faisais mes premières scènes dans le théâtre scolaire.” C’est en 1990 qu’elle débute véritablement, aux côtés du metteur en scène tunisien Ezzedine Gannoun. “J’ai débarqué au Centre de formation internationale arabo-africain El Hamra, à la suite d’une audition ouverte aux comédiens. J’ai réussi le test, et cela a abouti à cette rencontre avec Ezzedine Gannoun. Notre aventure commune dure depuis vingt ans maintenant.” Leila Toubel décide en effet d’intégrer le Centre arabo-africain El Hamra, trouvant là  “un terrain fertile”.

Amoureuse du théâtre jusqu’au bout des ongles, la comédienne ne vit que pour les planches. “J’étais déjà fascinée par la magie de cet art, raconte-t-elle avec enthousiasme. J’avais envie d’en faire mon métier. J’ai l’amour du théâtre: être sur scène, écrire, diriger des comédiens, des metteurs en scène, des dramaturges… En dehors de cela, je me plais à aller à la rencontre de jeunes artistes.” › Lire la suite

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Entretien avec Obou de Sales Vagba

Propos recueillis par Médard Gandonou

Dans une ambiance de fin de spectacle, à l’occasion des Récréâtrales 2010, l’Ivoirien Obou de Sales Vagba, metteur en scène  de la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, évoque pour nous la thématique de sa dernière création – le rapport entre l’existence humaine et la science – ainsi que le lien entre cette thématique et la configuration scénographique adoptée.

Dans “Les Convives de la maison Sapézo”, quelle a été votre approche théâtrale dans le traitement de la question de l’évolution de la science?

Au-delà de la science, la question de l’existence humaine et de la vie se pose. Quand nous regardons la société actuelle, il apparaît que la technologie évolue très vite, ce qui crée une peur, voire une psychose. Est-ce que demain nous ne finirons pas par être totalement contrôlés par cette technologie? C’est une question grave pour l’homme, et pour la traiter nous avons choisi d’impliquer le public. D’où cette configuration circulaire qui, chez nous, en Afrique, est symbolique des rencontres sous l’arbre à palabres, au cours desquelles on traite des questions urgentes et graves. Avec cette configuration, il n’y a pas de rapport enseignant-enseigné, mais plutôt un rapport circulaire où tout le monde est au même niveau et où l’on en parle. › Lire la suite

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Tous embarqués dans le vertige de la science

Par Médard Gandonou

Programmée lors des Récréâtrales 2010, à Ouagadougou, la pièce “Les Convives de la maison Sapézo”, de la troupe ivoirienne Le Cresas d’Abidjan, expose le problème de l’existence humaine face à une science sans limite.

À l’entrée de l’espace de représentation, le spectateur a l’impression que la science l’y attend. Ce samedi 6 novembre 2010, on l’accueille au seuil de cette maison étrange comme s’il était, lui aussi, l’un des Convives de la maison Sapézo. À l’occasion des Récréâtrales 2010, la deuxième représentation de cette pièce mise en scène par l’Ivoirien Obou de Sales Vagba a lieu dans la concession Chez Nadembega Bationo, une famille du quartier Gounghin, dans la capitale burkinabè. L’assistante du Dr Sapézo, un scientifique exalté par sa dernière expérience, l’introduit ce soir-là dans un monde insolite marqué par l’omniprésence d’inventions scientifiques. Tout respire la science, depuis l’espace scénique jusqu’au public, où se tient un “robot humain”. Debout, tout de blanc vêtu, l’allure mécanique, cet être bizarre qui se tient sur les bancs du public, est l’une des créations du Dr Sapézo.

Obsédé par la recherche scientifique, ce dernier est parvenu à réaliser une transplantation de cerveau humain. Aussi a-t-il invité ses pairs, d’éminents chercheurs, à célébrer avec lui le succès de cette expérience inédite. Mais voilà que le monstre ainsi créé devient une menace pour l’espèce humaine. Le créateur s’affole devant sa créature et se mélange les pédales. Débandade sur scène… › Lire la suite

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One man show dans un “Champs de sons”

Par Christian Koné

Le comédien camerounais Emil Abossolo-Mbo a pris ses quartiers aux Récréâtrales 2010. Samedi 6 novembre, il jouait “Champs de sons” en famille, “Chez les Bazié”. Un large public est venu prendre place sous les manguiers pour suivre ce spectacle programmé à l’improviste. Des instants inoubliables, avec ce monologuiste hors pair, encensé par la critique.

Il est seul sur la scène, habillé d’un jean noir et d’un t-shirt noir recouvert d’une chemise couleur ocre. Seul avec ses instruments de musiques, qui sont autant d’outils pour cultiver, avec sa voix, son Champs de sons, pièce théâtrale qu’Emil Abossolo-Mbo a écrite, mise en scène et dont il est l’unique interprète. Il balaie la salle du regard, inspire puis expire. Face à lui, le public s’est assis sous les “manguiers à palabres” de Chez les  Bazié.

Emil Abossolo-Mbo demande au public de participer avec lui à la “cultivation” du champs de sons. Il crée des mots, leur donne vie dans son texte. Avec lui, c’est le jeu des mots. Il faut tendre l’oreille, garder l’attention car dans son champs, il va vite, s’arrête sans prévenir, tourne, danse, chante et marque des pauses. Champs de sons, c’est d’abord un voyage dans l’enfance de l’auteur, au Cameroun. L’histoire d’un petit garçon qui fait des premiers pas à l’école des blancs, dans une classe radicalement différente de celle de Grand-Père Winkata, auprès de qui il avait appris à entrer en communion avec les esprits du pouvoir naturel. Cette initiation est interrompu par l’exigence d’aller à l’école gouvernementale, à laquelle, visiblement, l’enfant préférait l’école de la vie, dont les enseignements lui étaient transmis par son grand-père. Chez Wintaka on flatte, on berce avec amour et sourires. Mais à l’école publique, les maîtres (tout particulièrement M. Afana) intimident et chicotent. › Lire la suite

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“Paroles de forgeron”, paroles d’initié

Par Moustapha Bello Marka

Avec “Paroles de forgeron”, de KPG, mis en scène par Emil Abossolo-Mbo, le théâtre, par sa magie propre, parvient à rendre accessible une parole au départ hermétique et réservée aux seuls initiés, en abordant les problèmes de notre société…

“Beaucoup pensent que tout ce que nous faisons ici, en Afrique, ce sont des superstitions, des choses qui ne servent à rien. Alors que quand ça vient de l’autre côté, c’est important.” Par ces mots, le comédien-conteur Gérard P. Kientega, plus connu sous le nom de KPG, situe le cadre de son spectacle Paroles de forgeron, un conte théâtralisé qu’il vient d’interpréter dans l’enceinte même de la maison de la famille Bazié, lors de l’ouverture des Récréâtrales 2010. Ce cri de révolte, c’est celui d’un artiste qui entend puiser la substance de son art dans les racines profondes des réalités qui sont les siennes: celles d’une Afrique riche de sa culture, mais qui doit suivre et consommer ce qui vient d’ailleurs. KPG, lui, refuse de se soumettre à “ceux qui veulent étouffer, absorber la culture africaine”. › Lire la suite

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KPG, fils de forgeron et conteur de talent

Par Issa Mossi

Il s’appelle Kientega Pingdéwindé Gérard. Mais au Burkina, on le connaît sous son nom d’artiste: KPG. À 32 ans, il conquiert le public par sa maîtrise de l’art du conte…

Une cour pas comme les autres. Des arbres sur lesquels sont accrochées des ampoules éclairent une scène faite de deux podiums, nous donnant l’impression d’être au milieu d’une forêt au clair de lune. Deux petits poussins blancs se pavanent tranquillement d’un bout à l’autre de la scène. Tout autour, des spectateurs, oreilles tendues, yeux ouverts, prêts à boire les Paroles du forgeron, un conte théâtralisé écrit par KPG et mis en scène par Emil Abossolo-Mbo.

Sur la scène, deux musiciens et un conteur, qui chantent et dansent. Celui qui raconte l’histoire, c’est Kientega Pingdéwindé Gérard, connu sous le nom de KPG: trois lettres qui sonnent comme le KGB de l’ex-Union Soviétique. Mais KPG, lui, n’est pas un espion: c’est un initié rompu à l’art de la parole, qu’il va rechercher dans les méandres des traditions ancestrales. “Déjà élève, il avait des talents pour réussir dans la vie artistique”, se rappelle Michel Saba, son ancien professeur de français. › Lire la suite

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Théâtre initiatique

Au terme de la première représentation de “Paroles de forgeron”, lors des Récréâtrales 2010, le Camerounais Emil Abossolo-Mbo, qui en a assuré la mise en scène, revient sur les messages transmis par la pièce…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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“Paroles de forgeron”, de KPG

Présenté lors de la soirée inaugurales de la plateforme festival Récréâtrales 2010, Paroles de forgeron, fruit d’un travail commun entre le comédien burkinabè KPG et le Camerounais Emil Abossolo-Mbo, qui en assume la mise en scène, offre au public un voyage dans l’Afrique profonde et mystérieuse…

Par Seydou Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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“Champs de sons”, d’Emil Abossolo-Mbo

Avec Champs de sons, Emil Abossolo-Mbo retrace le parcours initiatique d’un enfant africain qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Incarnant successivement tous les personnages de ce spectacle déjà rôdé, il a séduit le public des Récréâtrales 2010…

Par Boukary Ouédraogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
(03’14”)

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Ses pairs rendent hommage à Sotigui Kouyaté

Par Kpénahi Traoré

La première de la dernière pièce portée par Sotigui Kouyaté avant sa mort, survenue en avril 2010, était présentée le 7 novembre 2010 à la faveur de la plateforme Festival des Récréâtrales, qui se tient à Ouagadougou depuis le 4 novembre. À la sortie du spectacle, quelques ténors du milieu théâtral se sont exprimés sur ce projet initié par Sotigui.

Esther Siraba Kouyaté, metteur en scène et veuve de Sotigui Kouyaté
“Je suis très heureuse parce que c’était vraiment le souhait de Sotigui jusqu’à son départ. Il parlait tous les jours de ce spectacle, de la façon dont il rêvait de le mettre en scène. C’était très dur pour moi qu’il ne puisse pas le voir. Aujourd’hui, je suis remplie de joie en voyant que Salina est née, que j’ai pu présenter cette pièce ici, à Ouagadougou, avec les comédiens qu’il souhaitait. C’est aussi une joie que le public l’ait accueilli avec beaucoup d’émotion. Il y a tellement de thèmes dans ce texte auxquels Sotigui était sensible: la paix, l’espoir, la justice et la souffrance des femmes…” › Lire la suite

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