récréatrales

L’ombre de Sotigui Kouyaté plane sur les Récréâtrales

Par Kpénahi Traoré

La paix, l’espoir, la justice, le cri et la souffrance d’une femme, telle sont les thèmes développés dans “Salina”. Ce texte de Laurent Gaudé est tout de suite adopté par Sotigui Kouyaté lorsque celui-ci le découvre en 2006. Il décide alors d’en faire une pièce de théâtre dont il doit assurer lui-même la mise en scène. Malheureusement, sa mort, en avril 2010, ne lui permettra pas de mener ce projet à son terme. C’est sa veuve, Esther Siraba Kouyaté, qui s’en chargera. La représentation de “Salina” eu lieu dimanche 7 novembre 2010 au Centre culturel français Georges-Méliès de Ouagadougou, dans le cadre des Récréâtrales 2010…

C’est fait. Salina est née, malgré le décès de Sotigui Kouyaté, qui se consacrait depuis quatre ans à l’élaboration de cette pièce. À l’occasion des Récréâtrales 2010, à Ouagadougou, Salina a été portée sur les planches par la veuve du metteur en scène malien et burkinabè, Esther Siraba Kouyaté, et par les comédiens que Sotigui avait lui-même choisis dès le départ.

“Je crois que tous ceux qui étaient proches de Sotigui ont hérité de quelque chose. Il nous a aussi appris à porter cet héritage plus loin”, témoigne Esther Kouyaté, metteur en scène du spectacle. Un héritage palpable au soir de la représentation. Car à travers Salina, c’est comme si Sotigui avait été présent sur la scène, où perçaient son imagination, sa réflexion, et où l’on pouvait entendre et voir les voix et les musiques qu’il aurait souhaité entendre, les costumes qu’il avait imaginés… Tout, ce soir-là, nous faisait ressentir la présence de ce grand homme de théâtre, et l’émotion se lisait sur les visages et dans les commentaires des uns et des autres. › Lire la suite

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L’étrange musée d’Athanase Kabré

Dans Le Musée Bombana de Kokologo, programmé lors de la 6e édition des Récréâtrales, le Burkinabè Athanase Kabré joue avec talent le rôle d’un conservateur de musée où sont exposés des objets improbables et surréalistes, issus de l’imagination des gens du village…

Par Christian Koné
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo
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“The end”, compte à rebours avant la mort

Par Moustapha Bello Marka et Issa Mossi

Une œuvre poignante, servie par une mise en scène éblouissante. Avec “The end”, pièce de Leila Toubel mise en scène par Ezzeddine Gannoun, représentée le 5 novembre 2010 au Centre Culturel Georges-Méliès de Ouagadougou, dans le cadre de la plateforme festival Récréâtrales 2010, les spectateurs ont reçu leur part de beauté tragique et de questions existentielles.

Sur la scène, une chaise et deux escabeaux. Une jeune femme parle, parle et parle. Elle donne des consignes strictes, faisant et défaisant son testament. Elle prévoit dans les moindres détails tout ce qui doit tisser l’univers de sa mort. Une mort qui n’est pas à venir, mais déjà là. Elle n’oublie pas l’encens qui doit embaumer sa dépouille mortuaire, ni les personnes qui recueilleront les condoléances, ni même le long SMS écrit pour dire adieu, ou plutôt au revoir, à ses proches, qu’elle espère retrouver un jour dans l’au-delà. Rien n’est omis.

Nejma se sait condamnée par la maladie. Dans une heure, une seule petite heure, elle a rendez-vous avec la mort. Sa mort. Une heure pour vivre une éternité. Un calvaire qui s’ajoute à celui qu’elle a déjà vécu. “Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie?, se demande-t-elle. Je ne suis plus qu’un souvenir que le temps effacera. Je veux vivre ma vie librement et dignement.” Et l’ambiance elle-même se fait triste. Mariage d’ombres et de lumières. Rencontre entre des musiques graves, tristes, et des silences poignants. Pleurs dans le noir. Voix éclatées. Soupirs étranglés. Souffles tremblants qui suggèrent les souffrances dissimulées derrière les rideaux. Questionnements d’êtres humains qui se sentent prisonniers d’un destin dont le sens leur échappe, d’un absurde qu’ils ne cernent pas: “S’il y a la mort, pourquoi la vieillesse?”, s’écrie un personnage. › Lire la suite

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“Ayiti”, du séisme à la scène

Par Gilles Arsène Tchedji

À travers sa propre histoire, le comédien haïtien Daniel Marcelin reconstruit sur scène l’histoire de son pays, aujourd’hui en ruines. À l’occasion des Récréâtrales 2010,  il a présenté au public africain sa pièce “Ayiti”, mise en scène avec Philippe Laurent.

Quartier Gounghin, Secteur 9, à Ouagadougou. Face au quartier général de campagne du Président Blaise Compaoré, une petite maison attire l’attention. Sur les murs, de petites affiches indiquent que les lieux accueilleront le soir même la pièce Ayiti, en tournée européenne depuis quelques mois. À l’intérieur de la maisonnette, on s’affaire. Xavier Simon, le régisseur du spectacle, règle les lumières et les sons, sous la supervision d’un homme qui impressionne par sa taille. Il s’appelle Daniel Marcelin. C’est lui l’auteur de la pièce.

Il est 18h30. Encore deux heures et les spectateurs seront sur place. La scène est prête. Un décor sobre y est aménagé, constitué d’une pile de bagages. Non loin de là, Daniel Marcelin se prépare, semblant évacuer le stress en chantant à tue-tête dans cette petite cour parée d’une grande toile noire. Sa voix, qui reprend mélodieusement quelques chansons vaudous, porte loin. Cherche-t-il à conjurer le mauvais sort avant le début de la soirée ? Directeur du Petit Conservatoire de Port-au Prince, Daniel Marcelin n’a guère le temps de répondre à la question, il doit rester concentrer sur le spectacle. Aimable et disponible, il consent toutefois à nous dire quelques mots sur l’origine de cette pièce. “Je me trouvais à Bruxelles le 12 janvier 2010, au moment du séisme [qui a frappé Haïti]. Je m’apprêtais à travailler sur un projet théâtral avec Philippe Laurent lorsque cet événement est survenu. J’ai alors décidé de rester pour poursuivre mon travail. Car, quand tout s’écroule, il reste la culture”, confie le comédien, sur un ton engagé, avant de se réfugier dans sa loge. › Lire la suite

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Théâtre à domicile

Pour sa 6e édition, la plateforme festival Récréâtrales 2010 innove en transformant plusieurs maisons du quartier Gounghin, à Ouagadougou, en salles de spectacles. Un moyen de rapprocher le théâtre de son public…

Par Boukary Ouedraogo
Montage et mixage: Mohamed Lamine Sawadogo

(03’50”)

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Inauguration de la plateforme Festival Récréâtrales 2010

C’est parti pour les Récréâtrales 2010! Pendant près de deux semaines, Ouagadougou devient la capitale du théâtre africain à l’occasion de la plateforme festival Récréâtrales, dont l’inauguration a eu lieu jeudi 4 novembre. 

Par Serge Adam’s Diakité
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Ambiance de carnaval aux Récréâtrales 2010

Par Assane Koné

Ici, quatre cavaliers en mouvement. Là, deux marionnettes géantes et deux échassiers. Avec, autour d’eux, le public immense, debout, en mouvement, hilare, curieux, entraîné par la fanfare de la garde nationale du Burkina Faso… En cet après-midi du 4 novembre 2010, le quartier Gounghin, à Ouagadougou (Burkina Faso), vit au rythme de la cérémonie de lancement de la 6e édition de la plateforme festival des Récréâtrales (Résistances panafricaines d’Écriture, de Création et de Recherche Théâtrale). Ici, pas de discours ni de protocole. “Avec 14 représentations théâtrales en “in” et 7 en “off”, nous avons estimé qu’il y aurait suffisamment de discours pour ne pas ennuyer nos invités avec d’autres discours pendant la cérémonie d’ouverture”, justifie Etienne Minoungou, directeur général des Récréâtrales, pour qui “le discours de l’artiste se donne dans sa prestation sur scène”. › Lire la suite

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Libre comme Niangouna

Par Médard Gandonou

“SPR” est la dernière création théâtrale de l’auteur et metteur en scène congolais Dieudonné Niangouna. La plateforme du Festival des Récréâtrales, qui s’est ouvert jeudi 4 novembre 2010 à Ouagadougou, a été l’occasion pour cet artiste de confirmer toute la liberté d’expression artistique qui le caractérise.

Un coup de sifflet. Une lumière qui illumine la scène comme un soleil levant. Une foule d’acteurs envahit la scène. Ballon, sceaux, bouteille, balai à tiges dans la main des uns; projets, ambitions et stratagèmes en gestation dans la tête des autres. La journée débute dans ce décor matinal. “Le théâtre commence quand on se lève le matin”, disait l’auteur russe Stanislavsky. Une définition que s’est appropriée l’auteur et metteur en scène Dieudonné Niangouna, et qui prend tout son sens dans la pièce SPR.

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Financer le théâtre en Afrique de l’Ouest : une gageure

Par Sessi Tonoukuin

À travers l’Afrique de l’Ouest d’expression francophone, plusieurs festivals de théâtre annuels ou biennaux réunissent des professionnels venus d’Afrique ou d’Occident. C’est notamment le cas du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR), qui a tenu sa neuvième édition au Mali du 1er au 7 décembre 2008. Pourtant l’organisation de tels événements culturels dans nos contrées n’est pas une sinécure. Budgets non bouclés, ardoises de dettes, démission des pouvoirs publics reviennent comme un refrain sur les lèvres des promoteurs de tels festivals. Décryptage.

Adama Traoré, le directeur du FTR, en discussion avec Dorine Rurashitse, coordinatrice artistique d'Africalia Belgium pour l'Afrique de l'Ouest.

À la page 32 du programme de l’édition 2008 du Festival “Théâtre des Réalités” (FTR), en conclusion du paragraphe énumérant les partenaires ayant soutenu cet événement, quelques mots en lettres capitales et caractères grossis attirent l’attention du lecteur: “SANS LE SOUTIEN DU MINISTÈRE DE LA CULTURE DU MALI”. Par ce pied de nez, le fondateur et directeur artistique du FTR, Adama Traoré, entend bien relancer le débat sur le maigre soutien accordé par la plupart des gouvernements d’Afrique de l’Ouest aux manifestations culturelles, et plus précisément aux festivals de théâtre.

Interrogé par Cultur’Afrique, Adama Traoré confirme que depuis la création de son festival (neuf éditions en douze années d’existence), il n’a bénéficié d’aucun soutien financier de la part de l’État malien. “Jusqu’à aujourd’hui, le ministère de la Culture du Mali n’a jamais soutenu financièrement le Festival du Théâtre des Réalités. Pire: les salles qui lui appartiennent nous sont louées à chaque édition!”, s’indigne-t-il. Selon lui, cet état de fait déplorable persiste à cause de l’inexistence d’une véritable politique culturelle au Mali. En effet, une telle politique impliquerait la mise en œuvre de mécanismes d’aide à la création, à la diffusion et au fonctionnement de certaines structures culturelles non étatiques.

Conséquence directe de cette carence: Adama Traoré a beaucoup de mal à financer son entreprise, et cette situation suscite la méfiance des institutions bancaires: “Je n’ai pas totalement bouclé le budget du Festival et je suis déficitaire. Je crains que la relation avec ma banque, avec qui je travaille depuis la création de l’association Acte 7, en pâtisse. Cette banque a du mal aujourd’hui à me consentir des avances de trésorerie.” Calvaire! › Lire la suite

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